© Jacques Moulin 2013.
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Historique Sommaire
L’hélicoptère Sikorsky S-51 était un développement du type R-5. Le premier des cinq prototypes a volé le 18 Août 1943 propulsé par un moteur R-985 9 cylindres en étoiles Wasp junior de 450 ch. Plusieurs versions de ce modèle furent fabriqué sous des désignations diverses et varié et avec de nombreuses modifications. Il faut dire que cet hélicoptère était nouveau et donc il n’est pas anormal que le constructeur est hésité et effectué divers modification.
Un total de 300 S-51 s ont été construits, de tous modèles dont certaines avec moteurs de 450 ch et d'autres avec des moteurs 600 ch et avec un diamètre du rotor augmenté fut rebaptisé R-5D.
La licence de fabrication fut cédée à Westland en Grande Bretagne qui fabriqua une centaine de ces appareils (un peu modifié) sous la désignation WS 51 Dragonfly, cette version de l’appareil était équipé d’un moteur Alvis-Leonides de 550 ch.
Utilisation par la Marine Française
En 1951, dans le but de développer son savoir-faire sur voilure tournante et en prélude à l'acquisition de S-51 pour les missions de sauvegarde sur porte-avions, la Marine Nationale envoi une équipe en formation chez Sikorsky. Cette équipe comprend un enseigne de vaisseau pilote, l'EV Arnoult, un second maître pilote, Rignault, un maître mécanicien moteur, et un second maître mécanicien avion.
La Marine avait commandée deux appareils, le premier appareil qui sera reçu par la France est en fait le deuxième de la série dénommé S-51A.
Ce premier appareil fut donc le S-51A n°51-02, sera livré le 15 juillet 1951. La même année, une escadrille d'instruction sur hélicoptère (S-51A et Bell 47D1) est créée sur la BAN Saint-Mandrier : la 58.S.
Le 27 août 1951, le porte-avions Arromanches quitte Toulon, avec à son bord des Hellcat, des Helldiver et le S-51A (51-02) codé 58-10. Le porte-avions effectue sa deuxième campagne de guerre en Indochine. Il fait escale à Djibouti le 7 septembre 1951. Le même jour, l'hélicoptère du bord est accidenté lors d'un atterrissage à Djibouti. Il est laissé sur place puis rapatrié à Toulon au retour de l'Arromanches. Quatre mois vont être nécessaires à sa réparation. Un second appareil, le 51-06 (sixième de la série S-51A) est livré à Saïgon en avril 1952 il sera immatriculé 58-11.
Son utilisation est principalement le sauvetage des équipages tombés en mer lors des décollages et atterrissages sur les porte-avions (mission qui est désigné actuellement encore comme « Pedro ») mais aussi les liaisons des porte-avions avec la terre.
Le 14 août 1952, l'Arromanches repart pour le lointain conflit avec 22 Hellcat de la 12.F, quelques Helldiver de la 9.F et les deux S-51A de la 58.S (58.S-10=51-02 et 58.S-11= 51-06). Le 1er septembre, une démonstration de sauvetage alors baptisée "Fifi" avec un S-51A est organisée.
Le WS-51 Mk 1A (Wa-H-111) probablement de l’ELA 52 lors d’une liaison sur le terrain de Saigon-Tan Son Nhut cet appareil fut le premier appareil livré à l’Armée de l’Air.
C’est le 15 octobre, qu’aura lieu le premier sauvetage avec un hélicoptère de la Marine française au large du Tonkin, un Helldiver, piloté par le LV Fatou (1) avec un passager, est catapulté. Un incident de catapulte (la rupture partielle du câble) provoque le décrochage prématuré de l'élingue, et l'Helldiver se trouve propulsé à l'eau, 100 mètres en avant du porte-avions. Le sauvetage est assuré par le S-51A (58.S-11). C'est la première fois qu'un appareil à voilure tournante est utilisé en dehors d’exercices, en dépit d'une panne de treuil. Au cours de l'année 1952, les S-51A de la 58.S ont effectués environ 70 heures de vol. L'Arromanches achève sa troisième campagne le 18 mars 1953. Les deux S-51A restent en Indochine et sont transférés sur le La Fayette. Le La Fayette reste en Indochine jusqu'au 18 mai puis arrive à Toulon le 10 juin. Le 30 août 1953, le S-51A n°51-06 subit un accident à Arzew (Algérie) probablement lors d’une mission de liaison il sera remis en état.
Une autre vue du WS-51 Mk 1A (Wa-H-111).
Une quatrième et dernière campagne démarre le 9 septembre 1953. Les deux S-51A (58.S 10 et 58.S 11) de la 58.S embarquent aux côtés des habituels Hellcat (de la 11.F) et Helldiver (de la 3.F). Le chef du détachement de la 58.S est l'officier des équipages Gavaud. Du 21 mars au 30 avril 1954, 114 heures de vol dont 16 en sauvetage ont été effectuées par les S-51A du bord.
Le 8 juin 1954, l'Hellcat 11F-12 (LV Roulleaux Dugage) tombe à l'eau lors d’un essai de catapultage, le pilote, indemne, est récupéré par un S-51A. L'Arromanches rentre à Toulon le 19 septembre 1954. Les S-51A de la 58.S ont totalisé sur la quatrième campagne 497,8 heures de vol, 820 passagers et 16,1 tonnes de fret transportés et l’évacuation de six blessés. Ils sont remplacés par les HUP-2 à l'issue de cette campagne puis réformés en 1955.
Le 51-02 est d’abord affecté à l’instruction à Saint-Raphaël, puis fini probablement sa carrière à Rochefort ( ?)
Une information indique qu’en juillet 1952 un Sikorsky s/n 43-46607 aurait servi à la remise en état du 51-02.
Le 51-06 sera cédé au SGACC du Bourget pour instruction au sol cédé complet et rayé de l’inventaire de la Marine le 16/03/55, son sort définitif est inconnu.
(1) Futur Amiral.
Le S-51 S-51 n° 51-06 codé 58.S-11 en Indochine.
Utilisation par l’Armée de l’Air
En 1952, une décision était prise de crée en Indochine la première section, d’hélicoptère rattachées à l’ELA.52, les premiers appareils affecté à cette unité était des petit Hiller 360.
Un appareil plus puissant était recherché, le choix se porta sur neuf Westland WS 51 « Dragonfly » une version du S-51 construite par les anglais sous licence Sikorsky.
Le personnel qui devait utiliser ce nouvel appareil furent envoyés en Grande Bretagne pour une formation de 50h.
Le premier appareil le Dragonfly Mk1 sérial Wa-H-111 sera livré le 16/05/1952et les 9 machines commandés furent entièrement livré courant 1952 le dernier appareil arrivant en novembre.
Il apparut rapidement évident que ces appareils étaient mal adaptés à l’utilisation en Extrême-Orient, notamment l’utilisation des « paniers sanitaires » qui pouvaient déséquilibrer les appareils s’ils n’étaient pas parfaitement équilibrés.
En 1954 les appareils survivants furent transférés en Métropole pour servir d’appareils école d’abord à Rochefort puis quand l’école de formation de pilote d’hélicoptère fut transféré sur le terrain du Bourget du Lac les appareils suivirent. Ils servirent à l’entrainement des élèves pilote.
Les derniers appareils (n° 111, 112, 115 et 118) furent affectés à l’ELA 56 de 1957 à 1958 pour réaliser les missions de cette unité.
Les appareils déclassés (n° 112, 115, 117 et 118) servirent à l’instruction des mécaniciens à Rochefort de 1958 à 1959.
Les appareils suivant n° 113, 116 et 119 avaient été détruits par accident.
Il est possible que le n°114 réformé en 1954 se trouve au musée de l’Air espagnol mais sans certitude.
Le sort final des autres machines est encore inconnu.
(Archives Dominique Roosens)
Deux photos du WS 51 Z 114 qui servait de support pour les travaux pratiques sur hélico à Rochefort. (Photos Gérard Pollet Villard)
Caractéristiques du S-51A
(Peuvent être en partie fausses je n'ai pas trouvé de source incontestables sur le sujet. Merci de compléter, si vous pouvez, avec des indications vérifiés)
Constructeur : Sikorsky
Équipage : 1+1
Missions : Liaison et sauvetage
Date du premier vol : 18/08/1943 (type R-5)
Constructions : mixte
Dimensions
Diamètre du rotor : 14,90 m
Longueur : 17,6 m
Hauteur : 3,90 m
Masse
Masse à vide : 1728 kg
Charge utile :
Masse totale en charge : 2495 kg
Performances :
Vitesse maxi : 166 km/h
Vitesse de croisière : 137 km/h
Vitesse ascensionnelle : 305 m/mn
Autonomie : 418 km
Plafond pratique : 4115 m
Altitude de croisière :
Communication radio :
Moteur
Marque : Pratt et Whitney
Nombre : 1
Type: R-985-AN-5 Wasp Junior
Configuration : 9 cylindres en étoile
Refroidissement : air
Suralimentation : oui
Puissance normale au sol : 450 ch
Puissance à 2200 m : 400 ch
Puissance au décollage :
Equivalent puissance :
Régime de l’hélice :
Alésage : 131,76 m
Course : 131,76 m
Cylindré totale :
Taux de compression : 5 :1
Un S-51 de la marine.
Un Sikorsky S.51 des US Coast Guard en mai 1957 (PhotoAFR)
Un S-51 dans l'ascenseur d'un porte-avions. (Archives Thierry Matra)
Deux photos de Westland-Sikorsky WS-51 "Dragonfly" de la Royal Navy.
(Photo United Press)
Une photo couleur d’un S-51 sur un navire américain pendant la guerre de Corée.
Carrière du WaH-111:
23.03.1952: 1er vol
01.04.1952: prise en compte AA
07.07.1952: 1er vol à l'ELA 52 (immat F.SC VA)
18.01.1954: dernier vol en Ext.Orient; passe au Parc 18/192
01.11.1954: DIH/ BE 721 Rochefort
27.01.1956: DIH/ BE 725 Chambéry (Le Bourget du Lac)
24.09.1958: ELA 56 Persan-Beaumont
08.12.1958: réforme.
(C) Fred Domblides
© Jacques Moulin 2013.
Sources pour l’Aéronautique Navale:
« Histoire des Hélicoptères de l’Aéronautique Navale » par Jean Luc KERDILES (Edition ARDHAN)
« L’aéronautique Navale en Indochine » Henri Robin et Robert Feuilloy (Edition ARDHAN).
Source pour Armée de l’Air
Le Trait d’Union n°181 de septembre –octobre 1998 un article de Dominique ROOSENS.
Le Trait d’Union n°176 de novembre/décembre 1997. Une étude de Jean-Pierre Dubois.
Certain numéros du Trait d'Union sont toujours disponible sur le site du "Trait d'Union" bulletin de la Branche Française d'Air Britain : http://www.bfab-tu.fr/
Et les correspondants du Forum:
http://www.aerostories.org/~aeroforums/forumnav/index.php