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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 17:20
 

    File5566_WEB.jpg

 

Les Bloch 175 T

 

 

© Jacques Moulin 2013.

 
  Bloch 175 6F (2)
   

Profil Du Bloch 175 T n°55 codé 6.F-1 mis à notre disposition gracieusement par Patrick Marchand.

http://profiles-galore.over-blog.com/article-26172483-6.html#anchorComment

 
    Bloch 175T1c-1pr
Profil du Bloch 175 T n°1 
         
 
Photo 1 img334-Ph.Gaultier  

Bloch 175 T n° 1 l’appareil n’est pas dans sa version définitive, il a encore la dérive de la première version.

 

Les Bloch 174 et 175 étaient lors de la bataille de France en 1940, les meilleurs appareils de reconnaissance français, ils ont fait une guerre très honorable même s’ils étaient en nombre trop réduit pour avoir une incidence sur les évènements.

Par contre, ils furent assez nombreux à survivre à la débâcle de juin 1940, les équipages leurs avaient fait traversé la méditerranée, seuls les appareils accidentés étaient restés sur le continent.

 
Photo 2 img335
   

Autre vue du Bloch 175 T n° 1 l’appareil n’est pas dans sa version définitive, appareil vu de face il a la dérive de la première version.

 

En juillet 40 presque tous les appareils encore disponible avaient été replié sur l’AFN, les Bloch 174 regroupés à Tunis El-Aouina, et les Bloch 175 à Oran la Sénia.

Seuls certains Bloch 174 furent sauvés, de l’invasion allemande sur la Tunisie de 1942 en se repliant sur l’Algérie, par contre tous les Bloch 175 furent détruit lors du débarquement alliés de 1942.

Les quelques Bloch 174 survivants, participeront aux combats contre les allemands en Tunisie, et même (au moins un) aux combats contre l’occupant sur les poches de l’Atlantique, les survivants seront utilisés après-guerre pour divers essais ou la réalisation d’appareil prototype, notamment pour les modifications qui seront apportée à la fabrication des Bloch 175 T (T pour torpilleurs).

 
Photo 3 img336-n°59 
     

Le Bloch 175 T n°55 en vol, avec le code 6.F-1 probablement au-dessus d’Agadir (Archives Hervio)

 

Le Bloch 175T

 

Après la guerre, les américains arrêtèrent rapidement de nous livrer des appareils gratuitement (ou presque) et les dollars étaient alors particulièrement rares, rapidement une étude sur les appareils réalisables en France fut faite, et parmi plusieurs types d’avions d’origine allemande, un avion français d’avant-guerre était encore réalisable, c’était les Bloch 175, dont les outillages avaient survécu. (Les Bloch 175 avaient remplacé sur les chaines de montage les Bloch 174 début 1940).

Mais pourquoi relancer un tel type d’avion, qui était un bombardier léger et un avion de reconnaissance stratégique ? Cela ne s’imposait pas, les bombardiers légers étaient disponibles en grand nombre, certains B-26 Marauder en surnombre avaient même été transformés en avions de transport de passagers, et la reconnaissance stratégique était réalisée par les avions de chasses modifiées.

 
Photo 5 img338      Le Bloch 175T n°31 (premier appareil de la version définitive) avec nouvelle dérive nouveau train, et supports roquettes sous les plans.

 

Mais pendant la guerre un des Bloch 175 avait été transformé à Oran à la demande de la Marine, en avion torpilleur, et des essais satisfaisant avaient été réalisé en 1941/42 à Oran, avec le montage et le tir de torpilles avec un Bloch 175 modifié, les essais avaient été prometteurs, la vitesse des Bloch étaient bien supérieur à celle des autre avions torpilleurs de l’époque. Après-guerre la Marine avait besoin d’avion terrestre pour cette utilisation, et également pour faire de la patrouille maritime à partir de la terre, il n’y avait pas d’appareil disponible à bon marché sur le marché, les appareils utilisé étaient pour la plupart à bout de souffle et la France n’avait pas de devises à dépenser, les avions Bloch 175 T était entièrement et complétement français même si certain accessoires et armement était fournis par des prise de guerre en Allemagne cela ne grevait pas notre balance commerciale en devises. Alors la décision fut rapide, on devait construire des Bloch 175 mais en version torpilleur, et aussi pour les patrouille maritimes, en plus cela donnerais du travail à des ouvriers français.

 
Photo 10 MENNETRET052 (2)
       Le MB 175T n°68 codé 6.F-3 à Agadir, l’appareil a eu un problème de train, il se retrouve sur un muret. (Photo Mennetret).

 

D’autre part les moteurs Gnome et Rhône 14 N qui avaient continués à être fabriqué pendant la guerre pour l’Allemagne et qui devant équiper les Bloch (devenu SNCASO MB 175T) étaient eux aussi encore, sinon disponible, au moins leur fabrication pouvait être facilement relancé en France, même si ces moteurs n’étaient toujours pas très fiables.

En effet les outillages qui permettaient de continuer ou plutôt de reprendre la fabrication de ces moteurs Gnome et Rhône 14 N comme ceux des Bloch 175 avaient survécu.

Les outillages pour les Bloch avaient été transférés de Mérignac à l’usine de Bourges pendant la guerre.

            De nombreux essais furent entrepris pour améliorer les Bloch les modifications les plus visible était la mise en place de freins de piqués, et le remplacement de l’empennage arrière qui fut modifié à plusieurs reprises. L’armement fut aussi modifié par l’installation de mitrailleuses lourdes 15,1 mm type MG 151, d’origine allemandes à la place des mitrailleuses MAC 34 et MAC 34/39 et aussi par l’installation de lance-roquette à longueur nulle sous les ailes. La soute avait aussi été modifiée pour recevoir une torpille ou des grenades anti-sous-marines.
 
Photo 12 MENNETRET064 (2)
     Deux Bloch 175 T de la 6F en vol près d’Agadir.

 

Un marché n° 135/45 du 6/7/45, pour 100 avions torpilleurs fut passé à la SNCASO qui avait les outillages et avait absorbé les usines Bloch lors de la nationalisation de 1936, ce marché fut plus tard ramené à 80 appareils. Les appareils étaient toujours équipés de moteurs G et R 14-N de diverses versions suivant les possibilités, mais il était toujours possible d’avoir les moteurs de dernière génération au fur et à mesure des disponibilités.

Les nombreuse modifications furent apporté aux versions de 1939, notamment les moteurs, les freins de piqué, et tous l’équipement de bord fut revu, poste radio, montage de sondeur altimétrique Fug 101, de nouvelles génératrice, l’équipement pour lancer des torpilles, des installations pour des roquettes T.10 sous les ailes, le train, fut aussi modifié par la suite, des blindages furent aussi ajoutés, le nez était aussi modifié pour avoir une bulle transparente pour pouvoir recevoir divers type de radar.  

 
Photo 15 MENNETRET031 (2)
             Deux Bloch 175 T au premier plan le n°43 sans code au-dessus d’Agadir.

(Photo Mennetret)

 

Les mitrailleuses des ailes et de la tourelle dorsales furent remplacé par des mitrailleuses allemandes de 15,1 mm alimenté par bandes, toutefois il ne semble pas que les Bloch 175 T aient été utilisé avec les armes dans la tourelle arrière.

La mise en service des Bloch 175T fut émaillée de nombreux problèmes de mise au point. Dès le 9 novembre 1946, l’attention de la direction technique et industrielle de l’Air était attirés sur les nombreux incidents survenus à l’avion cela entraina l’arrêt de la création d’unité qui devait en être équipés.

Une seule unité opérationnelle reçue finalement équipée de Bloch 175T la Flottille 6.F basée a Agadir. Cette flottille, était jusque-là équipée de Lockheed PV-1 Ventura, les premiers appareils furent livrés en 1947.

   
Photo 9 MENNETRET046 (2)
           Un autre appareil à Agadir, le train droit c’est effacé l’appareil probablement le n°13 et de la première version sans nez radar. (Photo Mennetret)

 

Pourtant comme le nombre d’avions nécessaire à l’équipement d’une seul flottille était très inférieur au nombre d’avion disponible un certain nombre d’appareils furent soit stocké soit dirigé vers la CEPA de Saint-Raphaël, pour des essais parfois jusqu’à dix appareils furent affecté à la 10.S pour cet usage.

Les Bloch étaient équipé de radar dans le nez vitrés de l’appareil, mais les radars utilisés étaient fournis par la Grande Bretagne, et ce n’était pas des appareils très performants. Deux versions de radar furent utilisées. Le nombre de radar disponible obligea la 6.F à utiliser des appareils sans radar pour l’entrainement au pilotage.

Le Bloch 175T fut jugé comme un avion difficile, les incidents ou accidents furent fréquents, et il faut bien reconnaitre qu’ils ne donnèrent que peu de satisfaction aux équipages, qui regretteront les Ventura.

Les ennuis de moteurs étaient continuels, puis la situation s’améliora à partir de 1948, le remplacement des dérives ainsi que la dernière version des moteurs et des trains d’atterrissage amena une nette amélioration.

La 6.F était depuis l’origine basé à Agadir au Maroc, puis en 1950 elle se déplaça vers Lartigue-Tafaraoui en Algérie. L’unité abandonna les Bloch en mars 1952 pour être transformée en flottille embarqué (sur porte-avions) équipé de TBM-3 Avenger.

Certain appareils restèrent encore affecté temporairement à la flottille 10.S, pour des expérimentations diverses.

Les Bloch 175T effectuèrent pendant leur courte carrière 7237 heures de vol, ce qui est très peu pour quatre-vingt appareils…

Le collimateur SFOM 81 et 101 furent monté sur ces appareils pour permettre le tir des canons et des roquettes type T.10.

Il semble que les derniers appareils furent retirés de l’inventaire en 1952, mais il est possible qu’après cette date quelques derniers appareils aient été utilisés à Rochefort pour l’entrainement des mécaniciens, et peut-être pour la liaison rapide.

Un certain nombre (un ou deux) furent utilisé par le CEV notamment pour les essais de sièges éjectables.

Aucun de ces appareils n’a survécu à son retrait.

 

  Photo 18 MENNETRET034 (2)
           

Un Bloch en travaux a Agadir.  (Photo Mennetret)

 

Caractéristiques des Bloch 175 T

 

(Peuvent être en partie fausses bien qu'extraites de la notice d'époque. Merci de compléter, si vous pouvez, avec des indications vérifiés)

 

Constructeur :      SNCAC

Équipage :                3

Missions : Torpillage, patrouille maritime et lutte anti-sous-marine

Date du premier vol :

Dimensions

Envergure :             17,96 m

Longueur :              12,43 m

Hauteur :                   3,63 m

Surface alaire :       51,19 m²

Charge allaire :

Masse

Masse à vide :        9161 kg

Charge utile :

Masse totale en charge : 11800 à 14096 kg

Performances :

Vitesse maxi à 4000 m:     518 km/h

Vitesse de croisière :        274 km/h

Vitesse d’atterrissage :   110 km/h

Autonomie :

Plafond pratique :            7450 m

Distance franchissable :

Altitude de croisière :

Rayon d’action :               2100 à 2700 km

 

Armement :

Fixe : 2 mitrailleuses allemandes 15,1 MG 151 dans les ailes, une prévue en tourelle arrière mais probablement non monté.

Externe : Torpille, roquettes, grenade en soute.

 

Communication radio :

Saram 3-11 puis SIF 453 M

Radio compas Radio-Air RGV 7 ou 8

Fug 101 puis LMT

Poste VHF TR 1143 ou SCR 522

IFF SCR 695

Radar

 

 

Moteur

 

Marque :                    Gnome et Rhône >> SNECMA Usine Kellerman

Nombre :                         2

Type :                        14 N 66 et 67 (dernière version).

Configuration :         14 cylindres en double étoile.

Refroidissement :     air

Suralimentation :      oui centrifuge à une seule vitesse.

Puissance nominale au sol : 900 ch

Puissance nominale à 2700 m : 900 ch

Puissance au décollage : 1150 ch

Equivalent puissance :

Régime de l’hélice :

Alésage :                  146 mm

Course :                   165 mm

Cylindré totale :       38,7 litres

Taux de compression : 6,8

Poids sec :            662 /667 kg

Hélice

 

Marque : Chauvière >> CGEA (qui avait absorbé Chauvière)

Type : 10-118 et 10119, avec régulateur Ratier type 106-200

Nombre de pales : 3

Diamètre :

© Jacques Moulin 2013.

 

En mémoire du CV(R) Jean-Claude Hervio() pilote de Bloch.

 

J’ai utilisé les textes que j’avais écrit, dans mon livre « Le Bloch 174 et ses dérivés » publié aux éditions Lela Presse en 2006 (épuisé). Rien de mieux n’a été publié depuis, hélas.

Les illustrations sont pour la plupart volontairement différentes et peut-être complémentaires avec celles de mon ouvrage.

     
 Autres Photos de Bloch 175 T
 
 
      Photo 4 img337-n°32
 
             Le Bloch 175T n°31 (premier appareil de la version définitive) avec nouvelle dérive nouveau train, et supports roquettes sous les plans.
 
Photo 6 MENNETRET053 (2)
Photo 7 MENNETRET054 (2)
       

Deux vues du MB 175T n°68 codé 6.F-3 à Agadir, l’appareil a eu un problème de train, il se retrouve sur un muret. (Photos Mennetret)

 
Photo 8 MENNETRET045 (2)
           

Un autre appareil de la 6F posé sur le ventre.(Photo Mennetret)

       
 
      Photo 11 MENNETRET055 (2)
     
Détails du nez radar (mais sans équipement) de l’appareil n°68.

(Photo Mennetret)

   

Photo 13 img213    
      Un Bloch 175 T retiré du service stocké à Rochefort.
 
Photo 14 MENNETRET030 (2)
 
Détails du nez radar (mais sans équipement) d’un Bloch 175 T.
(Photo Mennetret)
 
      Photo 16 bp000424 (2)
 
      Un Bloch 175 T n°43 sans code à Agadir.
 
Photo 17 MENNETRET029 (2)
 
   Une rangées de Bloch 175 T de la 6F à Agadir ces appareils sont dépourvus de code. (Photo Mennetret)
 
      Photo 19 img214
Photo 20 img215
 
      Deux vues du premier prototype avec la dérive modifiée et les freins de piqué déployés.
 
Photo 21 img217
           

Le dernier Bloch 175 abandonné dans un champ de tir avant son ferraillage, avec un Seafire (le Seafire a été récupéré) (Photo Frelaut. +)

 
 
 
 
 
    

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  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).

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