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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 12:57
 
File5565_WEB.jpg 
 
Les Douglas Skyraider en Algérie
 
 
 
  (©) Jacques Moulin 2009.
 
 
Skyraider AD-4
Profil publié avec l'aimable autorisation de Olivier Beernaert.
 
 00-01 Jean-Philippe Chateau  
 
Les Skyraider  Français
  
Le 12 avril 1959, le Col. Pierre Delachenal, inspecteur de la chasse, fut envoyé aux Etats-Unis par le CEMAA (chef d'état-major de l'Armée de l'Air) afin de trouver un successeur au T-6. Accompagné du Col. Bardou (officier mécanicien) et d'un ingénieur de la DTCAé (Direction technique des constructions aéronautiques), il se rendit sur la base de Litchfield Phoenix (Arizona) où étaient stockés des centaines d'avions dont des North American T-28 (futurs Fennec) cédés au dixième du prix «catalogue». Six vols d'exercice opérationnels et la commande de kits de modification auprès d'un industriel permirent de conclure rapidement le marché. Ayant aussi découvert sur place un nombre important d'AD-4 vendus dans les mêmes conditions, le Col. Delachenal demanda au général Jouhaud s'il pouvait examiner la possibilité d'en acquérir quelques-uns en vue du remplacement éventuel des P-47 Thundebolt. L'AD-4 n'étant plus en service, il fut invité à tester la version AD-5 - dont les performances étaient assez similaires - au sein d'une unité du Marine Corps, près de Washington. Convaincu dès lors des qualités du Skyraider pour les opérations menées en Algérie, il obtint du CEMAA le feu vert pour le commander. Sa mission s'acheva le 2 mai 1959.
 
04-21 126997-LY 07.63 Coll.JL.Gaynecoetche 
Photo collection J.-L. Gaynecoetche.
 
Une course marathon s’engagea alors pour que les Skyraider soient opérationnels le plus rapidement possible. Les Américains se disaient prêts à livrer les appareils à Norfolk six semaines après la signature du contrat de vente. Le prix unitaire était de 16.000 $, les appareils furent modifiés par la SFERMA (Société française d’entretien et de réparation de matériels aéronautiques).  
Le contrat AD-4 porta sur une première commande de cent trois avions, soit trois de présérie (dont un utilisé comme maquette), quatre-vingts de série et vingt destinés à la récupération de pièces. Ils étaient stockés depuis deux ou trois ans et leurs cellules totalisaient entre 600 et 2.600 heures de vol. Convoyés en vol de Litchfield Park à Norfolk par l'US Navy, ils furent acheminés à Saint-Nazaire par un porte-avions français avant d'être pris en compte par la SFERMA et convoyés en VFR à Bordeaux-Mérignac. A leur arrivée, les pilotes émettaient de temps à autre des remarques quant au comportement de leur machine. Ainsi, le 126935 (futur SFERMA 56) fut qualifié de « mauvais avion » ! Sa carrière n'en fut pas moins longue puisqu'elle s'acheva en 1977 dans l'armée de l'air tchadienne, vingt-cinq ans après son premier vol le 29 août 1952.
 
 05-17 Michel L-on
   
Photo Michel Léon.
    
La cadence prévisionnelle des arrivées à Saint-Nazaire était fixée ainsi : trois Skyraider fin décembre 1959, de douze à quatorze début février 1960, puis entre douze et seize tous les mois. Prévues contractuellement en deux lots de trente et cinquante et un avions, les livraisons à l'Armée de l'Air devaient s'échelonner, pour le premier, au rythme de deux appareils le 15 mars 1960, six le 30 mars, dix le 30 avril, dix le 31 mai et deux le 30 juin. Etant donné les délais très courts imposés, les travaux de révision furent limités et le potentiel cellule de cette tranche fut restreint à dix-huit mois. Les machines du deuxième lot suivirent dans la foulée, deux étant réceptionnées le 30 juin, six le 31 juillet, huit en septembre, huit en octobre, huit en novembre et huit en décembre, six en janvier 1961 et cinq en février (dont l'avion maquette, ce qui explique le chiffre de 51 et non de 50). Le coût des révisions et transformations était compris dans une fourchette de 310.000 à 410.000 francs. Dans les faits, les travaux furent, du moins au début, exécutés plus rapidement puisque le premier Skyraider opérationnel se posa dès le 4 février 1960 à Boufarik.
 
05-23 Jean Fournial
   
Photo Jean Fournial.
    
Les vols d'essai et de mise au point furent confiés à la SFERMA, puis les avions étaient remis au CEV en vue d'être contrôlés avant leur transfert à l'EAA 601 de Châteaudun où ils étaient pris en charge par les convoyeurs. Le CEV assurait notamment la vérification de l'aptitude au tir. Afin de ne pas retarder la mise en service de l'appareil, il ne fut pas jugé nécessaire de mettre un AD-4N à la disposition de cet établissement pour l'étude complète du fonctionnement de l'équipement radio.
 
06-12 Jean Fleury     
Photo Jean Fleury.
 
Trente des quarante-deux Skyraider de la seconde commande suivirent le même chemin. Les douze autres, destinés à servir d'avions magasin comme les vingt de la première commande, furent réformés par la CAR (Circonscription aéronautique régionale) de Toulouse.
Quant aux moteurs, en assez mauvais état, ils furent confiés à Air France Courbevoie qui, manquant de pièces, eut du mal à tenir la cadence. Une situation qui fut rétablie au début du second semestre 1960 par l'achat de rechanges directement aux Etats-Unis. Les hélices, elles, furent révisées à l'AIA n° 1 (Atelier industriel de l'Air).
 
06-13 Jean Fleury
   
Photo Jean Fleury.
 
  Tous ces aléas eurent finalement peu d'incidence sur les livraisons à l'Armée de l'Air qui alignait trente-six avions en septembre 1960 (contre quarante programmés). Au total, cette dernière reçut cent treize Skyraider de trois versions différentes (voir tableau en bas de page).
La première unité équipé en Algérie fut la 20ème escadre de chasse  (Escadron 1/20 « Aurès Némancha », 2/20 « Ouarsenis » et 3/20 « Oranie », Ces unités remplacèrent les P-47 à bout de souffle par les Skyraider.
Après le 19 mars 1962, les unités utilisant ces appareils furent déployées en Afrique : Tchad, Djibouti, et Madagascar.
  Le « Sky » était une très grosse bête. Il était entrainé par un moteur Wright en étoile de 2.700 ch, il avait une vitesse maximum de 540 km/h et était armé de quatre canons AN M3 de 20 mm avec 200 obus chacun,  des roquettes de divers modèles dont la T 10 française. Il pouvait aussi larguer des bombes ou des « BS » BS pour bidon spécial, une appellation utilisée pour les bidons de napalm…
Après le retrait de l’Armée de l’Air les Sky restant furent livrés au Gabon où ils armèrent la garde présidentielle. C’est dans les stocks de cette garde que furent récupérés les quelques Skyraider volant encore aujourd’hui en France dans les meetings.
 
   

Caractéristiques Skyraider AD-4

 

(Peuvent être en partie fausses je n'ai pas trouvé de source incontestables sur le sujet. Merci de compléter, si vous pouvez, avec des indications vérifiés)

 

Constructeur : Douglas

Équipage : 1

Missions : Appui-feu et patrouille

Date du premier vol :

Construction : tout métal

 

Dimensions

Envergure : 15,25 m

Longueur : 11,85 m

Hauteur : 4,78 m

Surface alaire : 37,16 m²

Charge allaire : 225 kg/m²

 

Masse

Masse à vide : 5313 kg

Charge utile :

Masse totale en charge : 8392 kg

 

Performances :

Vitesse maxi : 585 km/h

Vitesse de croisière : 350 km/h

Vitesse ascensionnelle : 18 m/s

Autonomie :

Plafond pratique: 7600 m

Distance franchissable : 2400 km

Altitude de croisière :

Rayon d’action :

 

Armement :

Fixe : 4 canons de 20 mm AN M3 avec 200 obus par arme

Externe : divers

 

Communication radio :

 

 

Moteur

 

Marque : Wright

Nombre : 1

Type : R-3350-26 WA puis WD en double étoile .

Refroidissement : air

Configuration:      18 cylindres en double étoile

Suralimentation : oui

Puissance normale au sol :2700 ch à 2800 tr/mn

Puissance à      :  

Puissance au décollage :

Equivalent puissance :

Régime de l’hélice :

Alésage : 155,6 mm

Course : 160,2 mm

Cylindré totale : 54,56 litres

Taux de compression :

 

Hélice

Marque :

Type :

Nombre de pales :

Diamètre :

 

© Jacques Moulin 2008.
 
Article adapté et condensé avec l'autorisation des auteurs, du livre « Les Skyraider dans l’Armée de l’Air » de Michel Fournier (+) et Jean Louis Gaynecoetche supplément hors-série d’octobre 2007 du magazine Air Fan en vente dans les maisons de la presse.  
 
Diaporama_AFN_183.jpg
 
     Diaporama_AFN_184.jpg
 
   

Ces deux photos de Sky détruit, correspondent au premier accident de Skyraider.

En comparant les lieux d'accidents d'AD-4 que je connais avec une carte d'Algérie, je n'en trouve qu'un qui pourrait correspondre : celui de l'AD-4 n° 126914 du 1/20 (F-TFLC) 20-LC détruit à Dellys le 17 septembre 1960. A cause d'un incident de tir, le pilote, Cne Conilh de Bessac, put se parachuter mais  fut blessé gravement. Dellys est en Kabylie, en bordure de mer, à une centaine de km à l'est d'Alger.

Commentaire de  Gilbert NEEL, vérifié par l'ouvrage de Jean Louis Gaynecoetche.

 

A noter que le photographe, Pierre-Fernand  Lacroix, était le pilote de l'Alouette II que l'on voit au second plan (Photo Pierre-Fernand Lacroix).

  
Skyraider
 
   

 

Profil publié avec l'aimable autorisation de Patrice Gaubert.

 

 

Publié dans l'Ancien d'Algérie n° 463 de janvier 2008.

 

 

D’autres photos de Sky.

  

  
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File7929 WEB

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Published by Avions de la Guerre d'Algérie - dans Avion
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commentaires

patrick 18/12/2016 14:56

J'ai du connaitre Lionel Viallet (Qui a posté un commentaire dans notre cité à Boufarik)

Denjean gerard 17/01/2016 10:12

J'ai passé en tant qu'appelé les années 60 et 61 au 1/20 de Boufarik en tant que mecanicien équipements de bord, je me souviens parfaitement de Jean Fleury ave qui nous avons vecu le push. mon plus meauvais souvenir le crash a Bonnes en detachement de Jean Pedemas un gars super qui plaisantait tous le temps et ne revait que d'une chose pouvoir se payer une porshe

cavaignac 18/12/2016 20:25

les hangars du 1/20et du 2:20 étaient voisins mais je ne me rappelle pas des noms de tous. Nos 20 ans sont loin mais à chaque article concernant cette période la nostalgie est bien présente....
Merci Gérard bonne santé et vœux pour la nouvelle année

Lionel Viallet 18/12/2016 15:08

Il s'agissait de Guy Fleury, commandant de la 20ème Escadre de chasse, et non de Jean, son frère. Tous les deux ont fini chef d'état major de l'armée de l'air dans les années 80. Guy Fleury était mon voisin (cité en face de celle dite du chateau d'eau).

Avions de la Guerre d'Algérie 21/02/2016 13:07

Je ne peux que vous publier...

cavaignac 21/02/2016 13:05

Sergent appelé classe 59 /2 j'aimerai retrouver des copains du 2/20 (J'ai réussi pour certains)
J'ai eu la chance de retrouver à Paris le Général Fleury ou nous avons évoqué longuement cette période et la suite de sa carrière après la fin du conflit
Je viens juste découvrir ce blog
:

Avions de la Guerre d'Algérie 17/01/2016 10:20

Jean Fleury a terminé sa carrière comme général... Ses photos m'ont été transmises par un amis ancien de l'Armée de l'Air .

Lionel Viallet 28/02/2015 19:18

Bonjour, Mon père était mécanicien avion au 2/20 à Boufarik et voir tous ces Skys me fait chaud au coeur, ils ont bercé mon enfance à force de passer au dessus la cité militaire où nous habitions pour atterrir.

Un de ces Skyraider s'est crashé (au sens propre, atterrissage sur le ventre), un dimanche, entre Boufarik et Blida. Mon père le voyant passer au dessus de la cité avec un joli filet noir s'échappant de son moteur avait dit à un de ses copains chez qui nous passions la journée (Angeletti) "celui là n'ira pas loin". Nous sommes donc tous partis et l'avons trouvé sans difficulté où il s'était vautré ... dans un champ et proprement un peu plus loin que la piste de Boufarik. Mon père alla de suite démonter les quartz de la radio après avoir pris soin que le pilote allait bien ... le pilote et les deux passagers qu'il transportait en soute et pour qui c'était un premier vol dans ce type d'appareil. Ils se rendirent ensuite chez le commandant Guy Fleury (celui qui devint plus tard Chef d'état major de l'armée de l'air) qui était le commandant de la 20ème Escadre de chasse et notre voisin. Un des deux passagers du Sky, un jeune lieutenant, en prenant une douche chez les Fleury a malheureusement glissé dans la baignoire et s'est cassé les deux bras ... Le pilote, le commandant Robineau deviendra bien des années plus tard chef du Service historique de l'armée de l'air (1985-94). Cette anecdote est racontée incomplètement dans l'excellent numéro spécial d'Air Fan consacré aux Skyraiders en Algérie.

Etant en train de monter la maquette au 1/48 d'un de ces fabuleux avions, vos photos me sont d'un grand secours. Merci.

Lionel Viallet 18/12/2016 15:16

@Roland Granger

Le Sky dont je parle s'est crashé entre le bout de la piste et Beni-Mered dans un champ où il n'y avait pas d'orangers.

Roland Granger 06/03/2015 19:19

J'ai fait 2 ans en Algérie dans l'armée de l'air.J'étais a Boufarik comme appelé du contingent sur la piste en contact permanent avec la tour de contrôle . je faisais parti du GLA45 j'ai vu se cracher l'avion dans l'orangerai en bout de piste. Je croyais qu'il avait eu une panne de moteur au décollage?
Cordialement

Avions de la Guerre d'Algérie 01/03/2015 08:47

Le livre d'Air Fan m'a servi de support, certaines photos m'ont été passé par les auteur, qui étaient des amis (Michel Fournier est décédé).
Mais un autre livre sur le même sujet est paru chez Lela Press., il semble plus complet.

Jacques Moulin

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  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
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