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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 09:24

File5565_WEB.jpg

 

 

Les SIPA S.10 - S.11 - S.12 en Algérie

 

 

 

© Jacques Moulin 2008 revu en 2010.

 

 

 

  SIPA12

 

Profil publié avec l'aimable autorisation de Patrice Gaubert.

 

 SIPA 111A 2

Un Sipa 111 de l’EALA 02/071.

Cette unité perdra ses SIPA en janvier 1957 remplacé par des T.6.

Photo prise en 1956 

 

Sipa

 

Pendant l'Occupation, en France, la Société Industrielle Pour l'Aéronautique (SIPA), fondée en 1938 et dont les usines se trouvaient à Asnières et Neuilly, étudia et construisit pour le compte de l’occupant un nouvel appareil, motorisé avec un moteur Argus 411 et qui fut appelé Arado 396.

 

Arado96

 

Profil d'un Arado 96 B utilisé après-guerre,

offert gracieusement par Olivier Beernaert.

 

File7930 WEB 

Un Arado 96 B avec moteur Argus et hélice allemande aux couleurs française.

 

Un certain nombre d'Arado 96 B fut utilisé par la France en école notamment à Cognac da,s l'imediate après-guerre, mais ces appareils avaient été recupérés en Allemagne, et n'avaient rien a voir avec des appareils construit en France. 

 

 

Sipa10

   Un Sipa 10 (Arado 396)

 

Les Sipa S.10 (Arado 396)

 

Le prototype n° 01 fit son premier vol fin 1944 à Bourges, dans la France libérée, aux mains du chef pilote Launay. L'appareil est alors désigné Sipa 10.

 

Ses performances étaient les suivantes :

 

Vitesse maximale :                                           360 km/h,

Vitesse de croisière :                                        320 km/h,

Vitesse d'atterrissage :                                     115 km/h,

Autonomie (régime de croisière) :                        2 h 25,

Plafond pratique :                                              8.000 m.

 

En 1956, compte tenu du développement de la rébellion algérienne, l'état-major décide la création d'escadrilles d'appui, équipées d'appareils légers armés. Les seuls avions de cette catégorie disponibles étaient les T-6, les Morane 472, 475, 733 et les Sipa S.111 et S.12 A.  

 

Les Sipa S.11, S.111, S.12, S.121.

   

Les divers types de Sipa S.10, S.11, ou 111 (appareils en bois) et S.12 ou 121 (appareils tout en métal), étaient alors utilisés dans les Centres et les Escadrilles d'entraînement des Réserves (CER et ERALA). Ces avions étaient équipés du moteur Argus Renault type 411 12 cylindres en V inversé à 60° avec  refroidissement par air.

      armuriers

 

Les avions d'entraînement disponibles et ceux qui étaient encore en construction furent dirigés vers l'Algérie. Les avions, suivant leur type, dépendent des Groupes d'Aviation Légère d'Appui (GALA) qui doivent entraîner les équipages et servir de parc d'entretien des appareils.

Le Gala 71 avait en charge les escadrilles équipées de Sipa à savoir les EALA 1/71, 2/71 et 3/71 basées en Tunisie, au Maroc et dans le sud algérien.

Après leur convoyage de métropole en Afrique du Nord via la Corse et la Sardaigne, ces escadrilles rejoignent leurs affectations respectives, Gafsa, Gabés, Oujda et Djelfa, suivant les ordres de la 5ème Région Aérienne (Alger).

L'armement du Sipa comprend : 2 mitrailleuses 34/39 de 7 mm avec 600 cartouches, 4 lance-roquettes Matra 14, 4 lance-bombes de 50 kg ou 4 paquetages de 4 bombes de 10 kg antipersonnel.

 

  ligne de vol2

 

L'armement individuel du pilote se composait d'une carabine américaine (probablement une US M1 de calibre 30/100 de pouce), d'un pistolet Mac 50 de 9 mm et d'un poignard.

Les installations de ces unités sont des plus précaires, souvent un simple hangar en charpente métallique recouverte d'une toile pour l'entretien des avions, des tentes et des baraques destinées à recevoir le personnel et les services de l'escadrille. Une tour de contrôle rudimentaire assure  le contrôle de l'aérodrome.

 

  File5029 WEB

Un Sipa armé en AFN.

   

Les missions sont demandées par le COSA (Centre Opérationnel Sud Algérien), commandé par le colonel Katz. Elles consistaient principalement en des RAV (Reconnaissances à Vue), des protections de convois, des missions d'intimidation, d'appui des troupes au sol, de bombardement.

Les RAV ont lieu dans un rayon de 100 à 150 km autour de Djelfa, en surveillant particulièrement les «Zones Interdites», régions dont les populations avaient été évacuées et où tout ce qui vit ne peut être que rebelle.

 

  SIPA arm--

Enfin des avions sont maintenus en «alerte» toute la journée, prêts à intervenir immédiatement en cas d'accrochage des troupes amies avec le FLN. Au cours de ces différentes missions, les pilotes repèrent et photographient les sites pouvant servir de terrains de campagne lors d'éventuelles opération.

Toutes ces opérations, d'importance inégale, exigeaient une disponibilité maximum des hommes et du matériel ainsi qu'une grande rapidité dans la préparation et l'exécution. Il est évident que de nombreux incidents, voire accidents émaillèrent ces différentes missions allant malheureusement jusqu'à la mort d'un sergent pilote qui s'écrasa au sol au cours d'une passe de tir dans le Djebel Sahari.

Plusieurs EALA recevront par la suite des pilotes de réserve qui rendirent de signalés services, effectuant les missions avec le même élan et la même compétence que leurs camarades d'active. Courant octobre, la moitié de l'effectif pilote partit à Marrakech pour sa transformation sur T-6, les Sipa donnant de plus en plus de signes de fatigue.

Les pilotes restants volaient sans arrêt, le nombre de missions demandées augmentant sans cesse.

      SVR

 L'hiver 1956-1957 fut rude. Plusieurs avions prirent leurs quartiers à Laghouat afin de pouvoir continuer à remplir les missions commandées. Les derniers Sipa utilisés en AFN furent des Sipa 12 ou 120 qui étaient les plus récents et les plus solides, mais vraiment très mal adaptés (moteur Renault trop faible) donc emport et temps de vol très insuffisants.

Les Sipa ne furent donc utilisés en Algérie qu’entre début 1956 et la mi 1957.

Les appareils revenant en France furent remis dans les CER (Centre d'Entraînement des Réserves) d'où ils avaient été retirés un an auparavant jusqu'à leur fin de vie. Les derniers appareils stockés sur le terrain de Pau-Pont Long furent tous ferraillés.  

 

© Jacques Moulin 2008 revu en 2010.

 

 

D'après «Les Sipa en Algérie» dans la revue "Pionniers" n° 119 de janvier 1994.

 

 

bp000441

 

Deux Sipa dans une mauvaise passe en AFN.

 

Caractéristiques

 

                                             Type S11/111                                      S12/S121

 

Construction                            Bois et toile                                         Métallique

Envergure :                                11 m                                                  11 m

Longueur :                                  9,32 m                                                9,32 m

Hauteur :                                    2,45 m                                                2,45 m

Surface :                                  18,30 m²                                             18,30 m²

Masse à vide :                         1679 kg                                              1910 kg

Masse totale :                          2070 kg                                              2335 kg

Vitesse maximum :                   340 km/h                                            360 km/h

Plafond :                                  8500 m                                               8000 m

Autonomie :                             700 km                                               1000 km

 

Moteur :                       Renault 12.S.00 de 580 ch (1)      SNECMA 12.S.02 de 600 ch (1).

 

  1) Les moteurs allemands “Argus” type 411 TA devenus Renault 12.S.00 ont été fabriqués pendant la guerre par Renault, dont le département moteur d’avion fut absorbé par la SNECMA.

 

    File5183 WEB

 

 

Poste de pilotage des Sipa 11

 

 

Appareils en bois construits :

 

- 30 biplaces S. 10.

 

- 50 biplaces S. 11.

 

- 54 biplaces S. 111.

 

 

 

 

 

 

 File5184 WEB

Train d'atterrissage des SIPA 11

 

Appareil métallique construit

S 12 

S 120

 

 

      SIPA-111

 

 

 Plan trois vues d'un SIPA 111 publié avec l'aimable autorisation de Patrice Gaubert.

 

 

Armement des SIPA.

(Extrait de la notice technique)

 

  Sipa 2

 

LancASRIII 00150 

 

Il semble que les collimateurs SFOM soient du modèle 83, les mitrailleuses du type MAC 34/39, les lance-roquettes des Matra T 14, les lance-bombes des ALKAN "Schloss" pour bombes de 50 kg.

 

 

 

Ils témoignent.

 

 

 

Il ne faut pas clore vos reportages sur les avions de la guerre d'Algérie sans évoquer le temps des SIPA. Avion d'entraînement allemand disait-on à l'époque.

 

Ces SIPA et leurs pilotes, nous les avons admirés en 1956-1957 au DTO de Djelfa, qui accompagnait l'escadrille 3/71 : tous ces pilotes proches des hommes de troupe appelés, cet adjudant Liotard se posant avec son SIPA train rentré, descendant de sa machine la pipe à la bouche, sain et sauf.

 

Hélas, un crash devait lui être fatal peu de temps après avec son T-6 entre Paul Gazelles et Djelfa. 1956, époque "héroïque" où les taxis étaient entretenus sous des hangars de bâche et sous les vents de sable.

 

Ces vieux SIPA encore élégants mais à l'entretien onéreux furent remplacés au premier semestre 1957 par les bruyants T-6, plus imposants, mieux équipés - l'escadrille 3/71 devenant l'EALA 21/72.

 

J'ai pu retrouver des traces des SIPA dans un "Force Aérienne Française" d'octobre 1956. C'était à l'occasion des baptêmes des promotions 1956 à l'Ecole de l'Air -18 juillet 1956.

 

J'ai pu lire "Après le lunch, les troupes furent placées sur le terre-plein - deux Fouga-Magister étaient disposés devant l’entrée de l’école et deux SIPA étaient placés de part et d'autre du mat du drapeau".

 

Ce jour-là, la promotion de l'école de l'Air fut baptisée Capitaine Gouachon-Noireaut et la promotion de l'école militaire de l'Air fut baptisée "Colonel Chambonnet". (1)

 

Jean-Claude Robin 01640 Jujurieux .

 

 

 

 

 

(1)       Le colonel Chambonnet, grand résistant, un des fondateurs de l'"Armée Secrète" avec le capitaine Billon (disparu en déportation) et le commandant Duboeuf, tous trois étaient des anciens pilotes de la base aérienne de Bron. Le colonel Chambonnet  fut fusillé place Bellecour à Lyon en 1944, il est enterré dans un cimetière de la résistance à Cerdon (Ain).

 

 

File7931 WEB
 

 

File7932 WEB

 

 piste

 cockpitt

 sipa12 3v

 

 File7934 WEB

 

Article publié dans l'Ancien d'Algérie n° 464 de février 2008. 

 

 

 

 

 

 

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Published by Avions de la Guerre d'Algérie - dans Avion
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commentaires

ROGER Serge 12/01/2013 19:18

pour ce que j'en sait la promo de 1956 est Lt Le Cong mort au combat en Tunisie en Mars 1957

Cochin 30/12/2011 21:52

Bonjour. J'ai effectué mon service militaire à la BA 103 de
Cambrai. Je faisais avec d'autres appelés les pleins des divers appareils. Il y avait 3 ou 4 Sipa S11 qui volaient le week-end avec des pilotes reservistes.

Avions de la Guerre d'Algérie 31/12/2011 08:43



Bonjour,


Effectivement les Sipa ont  été après leurs passages en Algérie, remis dans les CER (Centre d'entrainement des Réserves) basé en métropole, ceux d'Algérie étant équipés eux de T-6. Il y
avait d'ailleurs des SIPA ( de differents modéles: S 10, S 11, S 111, S 12, S 121) à plusieurs reprises au CER de Lyon-Bron.


Les CER ont souvent changé d'appelation il sont aussi connu comme  CERO puis ERALA .



YVES SOUDIT 04/10/2010 12:24


La photo "ARADO 396" est un ARADO 96 B ....


Avions de la Guerre d'Algérie 04/10/2010 13:55



Merci, je n'étais pas satisfait de la légende d ela photo que j'avais récupéré.



Michel Baron 12/02/2010 18:10


Une petite erreur: le colonel ne s'appelait pas Matz mais Katz. Une forte personnalité qui a laissé un souvenir cuisant aux Oranais. Pour faire face aux besoins en pilotes, l'armée de l'Air a
"réactivé" des réserviste qui ont rempli leurs fonctions d'autant mieux que, dans leurs centres d'entrainement, ils volaient sur Sipa et connaissaient donc cet avion bien mieux que les pilotes
d'active!
C'était le bon temps
Amitiés
MB


Avions de la Guerre d'Algérie 12/02/2010 18:45


Oui, merci, je rectifie le nom du colonel Katz, pour les Sipa des CERO vous pouvez retrouver quelques petites choses sur :

http://club-air-lyon.over-blog.com/article-le-cero-306-43758635.html


Robert PIGAGLIO 15/12/2008 11:07

oui,je pense aussi que le terme 9mm doit s'appliquer au PA MAC 50 9 mm parabellum)
Personnellement je préférais le Colt 45 (11,43 mm)
Robert PIGAGLIO

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  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
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