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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 17:10

 

Armements des aéronefs

 

 © Jacques Moulin 2009.

 

Nous allons étudier sommairement les armements utilisés par les appareils en AFN. Ces éléments sont encore très approximatifs et pourront être complétés par vos soins.

 

              A la fin de la guerre, l'armée française était équipée de divers matériels, anglais, américains, français d'avant-guerre, et même allemands.

            C'est ce qui explique les armements très hétéroclites des appareils utilisés. Certains d’entre eux, comme les chasseurs d'origine US, étaient armés de mitrailleuses de 12,7 mm ou comme les Corsair de canons de 20 mm.

             Pour les appareils d'entraînement transformés ce fut parfois plus étrange.

                      PATAUDCO Binet

Un T-6 G 2 de l’EALA 15/72 de Paul Cazelles en vol avec paniers de 7 roquettes SNEB de 68 mm. (Photo Michel Boinot via Pierre Binet).

 

 

 

- 1-

 

 

 

LES ROQUETTES

  

 

Historique - Généralités

 

HISTORIQUE

 

Les lance-roquettes utilisés par les belligérants, durant la guerre 39-45, étaient de types divers.

Les Anglais ont tout d'abord utilisé les rails de lancement, d'une longueur pouvant aller jusqu'à 2,40 m, accrochés sous les ailes. La roquette, maintenue par deux colliers de suspension, pendait au-dessous du rail (2 tenons sur chaque collier assuraient le guidage de l'engin).

Les Américains montèrent des tubes de 3 m de long (tuyaux de poêle) accrochés, en paquets de trois, sous les ailes de leurs chasseurs-bombardiers (ces tubes devenaient inutilisables au bout d'une dizaine de lancements, produisaient une traînée importante sous les ailes et limitaient le diamètre de l'empennage au calibre de l'obus).

Par la suite les Américains s'aperçurent que les lance-roquettes n'avaient pas besoin de réaliser un guidage de la roquette (car la vitesse initiale du projectile, qui est celle de l'avion est suffisante pour assurer une excellente stabilité et une bonne précision) et réalisèrent des « lance-roquettes de longueur nulle ». Par suite de l'action stabilisatrice de son empennage et de la position avant du centre de gravité, la roquette, lancée dans une direction qui n'est pas celle du vent relatif, et de la vitesse-avion, se recalera rapidement dans cette direction, après de très faibles oscillations. 

 

GENERALITES

 

             a) Les lance-roquettes de longueur nulle, type MK V et MK VII sont des lance-roquettes simples, ne permettant l'emport que d'une seule roquette par support, à l'aide d'un collier avant, muni d'un téton de suspension qui guide la roquette sur 2 cm au départ, et d'un collier arrière, réalisant le 2èmepoint de suspension. Ce dernier est calé par un levier oscillant, et bloqué par une goupille de cuivre de 2,6 mm, se cisaillant sous un effort de 300 kg. Le rôle de cette goupille étant essentiellement de lier la roquette au lance-roquettes pendant les évolutions de l'avion. Elle assure la sécurité de transport. Ces types de lance-roquettes ont été adoptés très rapidement par les Français et équipèrent notamment les M.S. 472, Bloch 175 T, Hellcat, etc...

b) Les lance-roquettes doubles anglais du type MK VIII permettent l'emport de deux roquettes superposées et équipant les « Vampire ».

c) Le lance-roquettes double MATRA M. 35, français qui équipera le MD 315 permettait également l'emport et le largage de 2 roquettes, actives ou inertes par point d’emport.

d) Le lance-roquettes américain équipant le F 84 permet le même mode de largage de 2 roquettes mais présente l'avantage de s'escamoter dans les plans au départ des roquettes (suppression complète de la traînée).

e) Enfin, des lance-roquettes automatiques étudiés et construits par MATRA (Type M. 32 et M. 50).

Le principe est simple l’ensemble est positionné dans une soute d'aile ou de fuselage et renferme un grand nombre de roquette de dimensions réduites, d'où largage à grande cadence (1.200 coups minute). Les roquettes sont expulsées à l'extérieur et mises à feu séparément à leur sortie de la soute, mais ces procédés posèrent de grosses difficultés de réalisation et ne furent pas très concluantes au point de vue du résultat.

Ces différents systèmes  (a, b, c, d) pouvaient tirer plusieurs types de roquettes :

 

1.           - Roquettes Tercé T 10

 

Les roquettes T.10 sont très connues, elles ont été utilisées très abondamment par les avions aussi différents que les P/F 47, Sipa, Vanneau, Vampire, Flamant, T-6G2  etc…

Après la guerre les avions français étaient tous d’origine alliée, certains étaient déjà équipés de lance-roquettes dit « à longueur nulle ». Plusieurs types de roquettes étaient alors disponibles pour ces appareils, aussi bien de fabrications américaines qu’anglaises.

Bien sûr, il fut décidé de lancer une fabrication française de ce type d’armement mais qui devait évidemment pouvoir être interchangeable avec les matériels alliés. Dans les années 50 la société SERAM à Breuil-Le-Sec (60) produisit les propulseurs à poudre des roquettes T10. L’ingénieur qui avait mis cet engin au point était Jean, Joseph, Paul Tercé, rattaché à la SERAM.

D'une masse de 28 kg, cette roquette pouvait être installée unitairement sous voilure par l'intermédiaire d'un lance-roquettes Matra type 13 ou 14, ou sous lance-roquettes multiples, type 41 (4 T10) ou type 61 et 63 (6 T10), ainsi que sous les lance-roquettes MK V ou MK VIII anglais mais construits comme type 14 par Matra.

Il semble que ce soit le lance-roquettes type MK V qui était le Matra type 13.

Les Dassault 315 « Flamant » étaient équipés de lance-roquettes Matra M 35 modèle 48 permettant de lancer plusieurs roquettes sur chaque point d’emport.

 

 

File6617_WEB.jpg

Il semble que le lance-roquettes ci-dessus soit bien le Matra Type 13.

 

Les T.10 étaient en fait le propulseur, un tube contenant la poudre pyrotechnique de propulsion, son empennage en tôle, son amorce et son allumeur électrique. La charge offensive était constituée par des explosifs divers notamment des obus de 90 mm ou de 120 mm ainsi que des charges creuses (antichars).

Ils étaient évidemment non guidés, seule la vitesse relative de l’avion leur permettait d’aller au but fixé par le pilote. La précision était relative, mais vu la force explosive de chaque pointe c’était quand même relativement efficace et plutôt impressionnant pour les troupes au sol.

 

T-10.jpg 

 

Il semble que le lance-roquettes representé ci-dessus et ci-dessous soit le Matra Type 14.
   

         Les Roquettes américaines ou les françaises type T 10, sont montées sur les supports grâce à des colliers: 

 

a) Collier supérieur avant (fig.5).


                                               File7098 WEB 

  Extrait de la notice.

               Constitué par un collier monobloc fermé et serré par un boulon et un écrou, il porte à sa partie supérieure deux douilles (6 cm d'entraxe) destinées à venir s'engager sur les deux broches correspondantes du support de roquette et, à sa partie inférieure, deux tenons qui viendront s'engager sur les deux douilles portées par le collier inférieur avant de la roquette.

 

  b)        Collier supérieur arrière (fig.6).

 

                                                   File7099 WEB

Extrait de la notice.

 

        Identique au collier avant, mais ne comporte qu'une seule douille à la partie supérieure et qu'une seule broche à la partie inférieure (cette broche est percée d'un trou, pour le passage de la goupille de cisaillement assurant la sécurité de transport de la roquette inférieure.

File7111bis WEB

 

Montage de T.10 sur les "Aquilon»,  à gauche montage simple sur support Matra T 14 avec colliers simples,    à droite montage double des mêmes roquettes sur le même support avec colliers doubles.  Remarquez les doubles prises pour l’amorçage. (DR)

 

 

Roquette T 10 : Têtes en services :

 

T 151 : Explosive à charge creuse (120 mm)

T 140 : Explosive à fragmentation (105 mm)

T 145 : Explosive fumigène

T 104 : Exercice

 

 SIPA arm-- WEB

Les T 10 montés simple sous l'aile d'un SIPA,montés sur les lance-roquettes Type T 14 de MATRA. (DR).

 

Remerciements à Christian Bonnet..

 

 

 

2)  Roquettes H.V.A.R.

Roquette H.V.A.R - 5 inch (127mm)

(High Vélocity Aircraft Rocket)

 

(©) Jacques Moulin 2009.

 

 

Il n'y a aucune certitude d'utilisation effective de ces roquettes sur les avions en Algérie, mais de nombreux essais ont été réalisés.

Ce type de roquettes H.V.A.R. ou Hvar (et surnommé par les américains Holy Moses) fut utilisé par les avions américains lors de la 2ème Guerre mondiale notamment les Mustang, TBM-3 Avenger, Corsair, Bearcat, etc… Ces roquettes semblent avoir été utilisables comme les T 10 sur les mêmes supports.

 

Historique

 

FFAR 3,5 puis 5 pouces (Forward Firing Aircraft Rockets).

 

La première roquette de 5 pouces à propulsion par fusée lancée de la marine américaine était un dérivé d'un précédent de FFAR de 3,5 pouces qui a été développé par la Marine à partir de juin 1943, pour équiper des avions ASW (Anti Submarine Warfare). Les FFAR de 3,5 pouces ont été jugées suffisamment précises pour être utilisées contre des navires de surface et des cibles terrestres, mais avaient besoin d'une ogive explosive pour ces missions. La fusée fut donc équipée d’une tête de 5 pouces modifiée avec cette ogive plus grosse montée sur la fusée à moteur de 3,5 pouces. Le résultat a été le 5-inch FFAR, entré en service en décembre 1943. En raison de l'augmentation de poids, la vitesse de la 5-FFAR pouces était seulement de 780 km/h.

 

H.V.A.R - 5 inch (127mm).

 

Donc l’origine des HVAR sont les FFAR de 5 pouces, mais cette version a souffert de sa vitesse insuffisante en raison de son petit moteur. Par conséquent, le développement d'un gros moteur de fusée pour les têtes de 5 pouces de diamètre a été commencé et les premiers essais de lancement furent réalisés en décembre 1943. La nouvelle fusée est équipée de l'ogive de la FFAR 5 pouces. La fusée atteint une vitesse de 1.530 km/h, ce qui en fait une arme très puissante pour l'époque. Elle a été officiellement désignée comme 5-inch HVAR (High-Velocity Aircraft Rocket). Elle est opérationnelle depuis juillet 1944.

La HVAR était prévue normalement pour être utilisée pour attaquer des tanks, des trains, des bateaux et des bunkers.

Dès le début des guerres coloniales ces roquettes furent utilisées par l'Armée de l'Air française et les avions de la Marine.

Deux versions différentes de la HVAR ont été construites pendant la Seconde Guerre mondiale. L'une était un missile à usage général avec une base de fusée et nez, l'autre avait une ogive semi-perforante.

Après la Seconde Guerre mondiale, les nouvelles versions inclurent un nouveau type d'usage général avec une fusée de proximité et une ogive à charge profilée à utiliser contre les chars, mais il ne semble pas que cette version ait été utilisée par l’armée française.

 

Têtes en services :

 

MK 6 M1 : Inerte

MK 6 M4 : Explosive

MK 25 : Explosive "B"


                                                                      180px-Hvar                                                         

 

 

 

 

 

 

 

Montage de roquette HVAR sous un avion .(DR)



*******************************************************    
        

Les lance-roquettes à grande capacité.

 

A partir de 1959, les T-6 G sont équipés de lance-roquettes MATRA LR 181 ou LR 361. Ces réservoirs conteneurs ronds peuvent lancer suivant le modèle 18 ou 36 roquettes SNEB de 37 mm ou 7 roquettes de 68 mm à fragmentation.

Ces roquettes sont mises en place dans des containers ronds avec des logements pour ces engins qui possèdent la particularité d'avoir des empennages rétractables lorsqu’elles sont dans leurs logement s et se déplient après leur lancement.

 

Roquette S.N.E.B - 37 mm :

 

- paniers de 36 roquettes de 37 mm ;

·                     Longueur : 0,52 m

·                     Temps de combustion : 0,24 s

 

  •    

PN Binet

 

Les deux paniers équipés de mitrailleuses et le lance-roquette SNEB 37.

(Photo Michel Boinot via Pierre Binet.)

 

 

Roquette S.N.E.B. - 68mm:

 

- paniers de 7 roquettes de 68 mm ;

 

En travaux

 

Tête en service :

·                     EEC : Explosive à effet d'éclats (fragmentation).

 

 

 

 

  • T-6-G-EALA-14-72.jpg                     T-6-G2 de l'EALA 14/72 à Thiersville, équipés de lance-roquettes MATRA conteneurs ronds pouvant lancer 7 roquettes SNEB de 68 mm.

    (Photo x via Pierre Binet).

     

     

     

    Les fusées SNEB (de fabrication française, Société Nouvelle des Établissements Edgar Brandt) sont des roquettes non guidées reprises ultérieurement par la société française TDA Armements, conçues pour le lancement par des avions de combat et des hélicoptères. Le premier modèle connu était d'un diamètre de 37 mm, puis le calibre fut augmenté et le calibre de 68 mm fut adopté (un calibre qui a été préféré par les Français à d'autres modèles internationaux de 70 mm ou 80 mm) qui semble avoir été utilisé en grande quantité en Algérie.

     

         

    Les projectiles SNEB sont propulsés par un moteur-fusée unique et, selon le secteur du chargement sur les lanceurs, il peut être utilisé contre des véhicules de combat légèrement blindés, des bunkers sommaires ou d'autres cibles faciles.

     

     

     

    (©) Jacques Moulin, 2009.

     

     

     

    En travaux

     

 

 

 

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Published by Avions de la Guerre d'Algérie - dans Armement
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Gontier 16/04/2016 10:26

Bonjour,
Le Comité de Bergerac du Souvenir Français va honorer la mémoire du Capitaine Lonzi (15/72) mort en Algérie le 11 août 1958. Nous manquons cruellement d'iconographie, à part le T6 de votre site. Base Paul Cazelle? Photos d'aviateurs de la 15/72? Pouvez-vous nous donner des pistes? Cordialement, F. Gontier

Avions de la Guerre d'Algérie 16/04/2016 10:58

Je n'ai pas plus de documents que ce que j'ai publié, il faudrait trouver les derniers livres de Alain Crosnier, une publication très récente mais je ne l'ai pas encore acheté...
Si vous ne trouvez rien je vous donnerais les adresse mel de Pierre Jarrige et Alain Crosnier, mais contactez moi en messagerie personnelle ( Aviation@dbmail.com)
Jacques Moulin

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  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
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