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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 13:45

 

  EALA-15-72_WEB.jpg

                                               Chapitre  8

 

 

E.A.L.A  15 / 72

‘’ Magnan  41 ‘’ et  ‘’Magnan  42 ‘’.

 

Sur la route d’ Aïn Oussera …*

En provenance d’Istres par avion militaire, je débarque en Algérie avec mon paquetage à l’épaule, mes galons de Caporal sur les manches et mon aile d’élève - pilote sur la poitrine de ma grande tenue.

L’adjudant que je trouve sur mon chemin m’explique que je suis à Oran et non pas à Alger. Par la même occasion il m’indique que je risque ‘’ la Cour martiale ‘’ pour port illégal d’uniforme et d’insigne de pilote, ce qui lui semble impossible, vu mon grade.                                        Je lui explique ma situation et incrédule, il m’abandonne sur le parking de l’aérodrome d’Oran - La Sénia. Je rejoins l’escale militaire où j’explique mon cas et on m’indique que je rejoindrai Alger par le premier avion disponible pour cette destination.

Le lendemain je grimpe à bord d’un DC 3 qui me dépose 1 heures ½ plus tard sur le tarmac d’Alger - Maison Blanche. A l’escale on m’indique que je dois me rendre à la base de La Réghaïa où se trouve basées des escadrilles de T6, plus en rapport avec ma situation.

Toujours avec mon sac militaire, je quitte la base et je m’arrête en bordure de la route d’accès où je pense trouver un moyen de transport pour rejoindre ma destination.            Attente vaine …  je me décide enfin à faire du stop quand une jeep militaire s’arrête.

L’officier qui s’inquiète de ma position inhabituelle en bordure de route, accepte de me prendre avec lui pour me conduire à La Réghaîa.

Merci mon Lieutenant.

A l’arrivée je note beaucoup d’activité sur cet aérodrome d’où décollent et atterrissent des T6 et des Broussards. Je me retrouve enfin en terrain connu.

 *   Aïn Oussera.  Source de          ?                     en arabe. Nom d’origine de Paul Cazelles.

 

A l’escale on m’indique que Paul Cazelles ne peut être rejoint que par voie ferroviaire.        Je m’imagine déjà dans ‘’ La Rafale ‘’, seul militaire au milieu des passagers arabes du train. Situation inquiétante pour moi.

 Sur le parking, mon attention est attirée par un T6 dont le capot moteur est décoré d’une superbe gueule de requin. Comme cet avion a belle allure, je m’avance vers le pilote et j’engage la conversation. Il m’apprend qu’il regagne Paul Cazelles et qu’il veut bien me prendre à bord, mais qu’il n’a pas de parachute pour moi. Deux couvertures récupérées à l’escale feront l’affaire mais pas question d’embarquer mon sac volumineux à bord de l’avion. J’abandonne donc mon paquetage qui me sera expédié plus tard, car je préfère utiliser ce moyen de transport plus sûr, pour regagner mon affectation.

Installé à l’escadrille, Je m’inquiétais car je ne retrouverai mes affaires que 8 jours plus tard, ce qui fait que je n’ai pas pu me changer pendant tout ce temps et je commençais à me sentir moi - même. Délicate impression !!!

Mon camarade Moindrot me rejoindra 8 jours plus tard. Il avait  été retenu à Aulnat, avec quelques autres camarades, par un projet d’installation d’une nouvelle escadrille de T6 à Atar, en Mauritanie, et finalement abandonné par le commandement.

                                                                                                                                                                          Transport  macabre …

 

Je suis en détachement à Bou Saâda, quand un Broussard se pose sur le terrain d’Aïn Dhiss et s’arrête à côté de nos quatre T6 alignés sur le parking. Le pilote et son mécano quittent leur avion, se dirigent vers nous et j’ai la surprise et la joie de reconnaitre notre camarade Patrice de Guibert de la 56 E bis.

Après l’arrosage de nos retrouvailles au bar de l’escadrille, je lui demande les raisons de sa présence parmi nous. Embarrassé, il me répond d’aller voir ce qu’il transporte dans son avion, sans plus de détails. Nous nous approchons du Broussard et par la verrière arrière nous découvrons un cadavre étendu à même le plancher, habillé d’une tenue militaire. 

Il nous explique alors que sa mission consiste à montrer aux 4 coins de la région que ‘’le Général Bellounis ‘’ est bien mort et que son ‘’ aventure ‘’ est terminée, car il compte de nombreux sympathisants dans cette zone.                                                                                                               

( voir le récit de cet épisode dans ‘’ La Guerre d’Algérie ‘’  Patrick Buisson. )

 

*  La Rafale.   Nom attribué par les militaires aux trains du réseau ferré algérien.

                                                        

 

 Chapitre  9.

 

 

GSRA  78

‘’ Marsouin Grenat ‘’.

 

 

79

Cher … le kilo de cuivre !

 

Les roquettes T 10 installées sous les ailes du T 6 étaient verrouillées sur leur rampe de lancement par une goupille de cuivre de 2,6 m/m ( très exactement ) qui se sectionnait à l’allumage du projectile, lors du déclenchement du tir par le pilote.

Mais à la suite d’un atterrissage un peu ‘’ dur ‘’ sur un terrain sommairement aménagé, la goupille retenant une roquette s’était cisaillée et le projectile avait heurté le sol, par chance sans exploser, mais avait gravement endommagé l’intrados de l’aile de l’avion.

A la suite de cet incident, une note du G.A.Tac nous interdisait de nous poser avec des roquettes au retour de mission. Nous contactions alors le P.C.A qui nous indiquait un objectif dans une zone interdite, ou le poste au sol le plus proche pour ‘’ traiter ‘’ un objectif situé dans les parages.

Nous expédions alors chaque fois 3 000  FR  X 6, soit 1 800 000 FR ( de l’époque ) dans la nature, sans aucun résultat. Cette situation dura un mois environ, le temps de recevoir des goupilles de cuivre de 3 m/m, en remplacement des éléments défaillants.

Piège mortel.

Pineau assure l’alerte en vol sur une opération qui se déroule dans la zone interdite située au nord de Frenda. Comme il ne se passe rien depuis 2 heures, il demande à Robert                ( le P.C.A ) l’autorisation de se poser à Tiaret pour compléter les pleins d’essence et être prêt à décoller rapidement, en cas de besoin. ‘’ OK Romarin 45, à tout à l’heure. ‘’

Sur la radio il entend alors le pilote d’un Cessna qui informe Robert de son atterrissage sur le terrain de Frenda pour y déposer 3 civils attendus par les militaires chargés de les réceptionner.

Romarin 45 se pose donc à Tiaret, complète les pleins de son avion et attend à proximité, prêt à décoller à la moindre alerte. Le Cessna en provenance de Frenda se pose quelques temps après et Pineau voit descendre de la cabine le pilote, tout pâle, qui s’avance vers lui et lui raconte l’histoire qu’il vient de vivre en direct.

‘’ Après l’atterrissage à Frenda, j’ai déposé mes 3 passagers à proximité d’une Peugeot 203 militaire qui a embarqué les 3 civils et j’ai redécollé aussitôt. Dans le virage effectué pour prendre la direction de Tiaret, comme je suivais des yeux le véhicule qui quittait le terrain en passant sur la D.Z*  hélicoptère, j’ai vu soudain l’automobile s’élever à une dizaine de mètres dans les airs au milieu d’un nuage de poussières ‘’. Il venait de sauter sur une mine posée par les  ‘’ Fells ‘’ qui pensaient sûrement atteindre un hélicoptère transportant une  ‘’ Autorité importante ‘’, à cette occasion.                                                                                                    

* D.Z . Droping Zone. Aire aménagée au sol pour l’atterrissage des hélicoptères.

 

 

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Published by Avions de la Guerre d'Algérie - dans Temoignage
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  • Avions de la Guerre d'Algérie
  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
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