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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 13:20

 

File7596 WEB

 

 

 

Les SNCASO SO-90

SO-94 et SO-95

 

 

© Jacques Moulin 2010/2012.

 

 

Corse 5S

Un SNCASO SO-95 de la 5S.

Profil mis gracieusement à notre disposition par Patrick Marchand.

 

http://profiles-galore.over-blog.com/article-26172483-6.html#anchorComment

   SO-95_aff.jpg

Un SO-95 d'une unité non identifiée de la Marine (DR).

   

Le programme du SO-90, prototype des SO-94 et SO-95, commence au début des années 1940,  à la SNCASO, sous la direction de Maurice Hurel (le futur constructeur du Hurel-Dubois). Il était (plus ou moins) dérivé d’un projet Marcel Bloch, le MB 80.

Sous l'Occupation, le programme se poursuit, avec l'accord de la Commission d'Armistice, sous réserve qu'aucun essai en vol ne soit effectué afin d'empêcher d'éventuelles évasions. Surtout après l’invasion de la zone sud, au début de novembre 1942.

 

File6556_WEB.jpg

Une très rare photo du SO-90 n°1 vue a sa sortie de l'atelier de Rochefort  .

(Archives Jacques Moulin DR).

 

Pourtant des essais de roulage ont lieu sur l'aérodrome de Cannes-Mandelieu, sous la surveillance des autorités italiennes. Cependant, le lundi 16 août 1943 (un jour férié), en début d’après-midi, le commandant Maurice Hurel, accompagné de Weill, Mollard et Allegret flanqués de certains de leurs enfants, brave cet interdit, s'envolant pour un premier vol à haut risque avec huit passagers. Le prototype n’est pas terminé, il manque des cadrans sur le tableau de bord et sans hydraulique de train. Après trois heures de vol au ras des flots il se dirigea vers Philippeville (Algérie).

Mécanisme de pas d’hélice endommagé, le proto est arrivé en France Libre.

     

SO_90_n-1_WEB-copie-1.jpg

Une autre très rare photo du SO-90 n° 1 (DR).

 

Après réparation, l'appareil effectue quelques essais sur place avant de revenir en France le 16 décembre 1944.

De cet appareil naît alors la version dérivée, le SO-93, qui effectue son premier vol au Bourget aux mains de Fernand Lefebvre. Il ne fut produit qu'à un seul exemplaire.

Celui-ci est emmené par bateau en Argentine en vue d'un éventuel marché à l'exportation, bien que l'avion ne soit pas produit en série.

Le 27 juillet 1946, une démonstration est effectuée avec le pilote d'essais Fernand Lefebvre aux commandes, accompagné du mécanicien-navigant Georges Sixdenier. Mais, soudainement, en pleine évolution, l'une des ailes se détache de l'appareil entraînant l'équipage dans la mort.

Le SO-94, qui est également un appareil de développement, effectue son premier vol le 6 mai 1947. Il est alors en compétition sur un programme avec le SNCAC NC 701 (Siebel déjà construit en série) et le Dassault MD-315 Flamant qui remportera le marché de l'équipement de l'Armée de l'Air. Mais les appareils fabriqués (15) seront utilisés par la Marine, principalement en AFN comme appareils de liaison.

SO_94-R_56_S-27_WEB.jpg

 

Un SO-94 R  56 S 27 et peut-être l'appareil n° 27 (avec le nez Radar).

 

Photo Menetret WEB    Une série SO-94 R de la 56 S 19, probablement le n° 11 (Photo Menetret).

 

Le premier vol du prototype SO-95, dérivé des modèles SO-90, SO-93 et SO-94, eut lieu en juillet 1947. Il était conçu pour les lignes intérieures françaises. Finalement il ne fut employé que dans les détachements de liaison et de transport léger de l'aéronautique navale. Les appareils construits à une soixantaine d'exemplaires seront principalement (45 exemplaires) utilisés pour l'aéronautique navale française. Les autres seront affectés à des utilisations de transport public.

Deux appareils sont par ailleurs utilisés, à partir de 1950, par la compagnie aérienne indienne "Air Services", pour des liaisons Bombay-Bangalore et Bombay-Delhi.

De nombreux SO-95 furent utilisés en liaison en AFN pendant une bonne partie de la guerre.

Le SO-95 est un appareil bimoteur à aile médiane, tout en métal et dont le train d'atterrissage est escamotable. Les moteurs entraînent des hélices tripales.

Le SO-95 est un avion de transport léger et de liaison civile de conception française mais, refusé, il ne fut commandé que pour la Marine Nationale.

 

File8363 WEB

Photo prise en septembre 1946. On reconnaît bien le proto du SO-93  équipé de moteurs Argus As.411 de 440 ch. Immatriculé F-BBAP il sera détruit en Argentine  

(Collection Marcel Fluet-Lecerf).

 

img992.jpg

SO 95 M n° 2 de la Marine, sans code d’unité. (DR)

 

img993.jpg

SO 95 M « Corse » 2.S 10 (n°10) au Bourget en octobre 1958 (Collection Marcel Fluet). 

 

A noter également que les SO-95 commandés pour la Marine devaient être équipés de crosse d'appontage pour leur utilisation (éventuelle) sur porte-avions. C’est ce qui explique le retour au train d'atterrissage classique. Mais la France n'en avait pas l'utilité et les crosses furent en général démontées. 

     File5304bisjpg.jpg     Un accident d'un SO (probablement ) 95  (il ne semble pas y avoit de trappe ni de roue avant) de l'Aéronautique Navale non identifié.

 

Sans nom2

 Sans nom

Sans nom3    Trois photos de l'accident du SO 94 R code 56 S 17 (Photo Mennetret)

 

Versions construites :

 

- SO-90: prototype doté de moteurs Béarn 6D-07 de 350 chevaux pouvant emporter 7 passagers. (1 proto + 25 exemplaires). Cette version fut rapidement retirée du service dès 1950 à cause du moteur, comme presque tous les appareils utilisant ce type de moteur.

- SO-93:prototype doté de moteurs Argus As.411 de 440 chevaux pouvant emporter 10 passagers. (1 proto).

- SO-94 :version de développement dotée de moteurs Renault 12SOO de 600 chevaux et train tricycle pouvant transporter 13 passagers. (1 proto + 15 exemplaires).

- SO-95 : version de série, bimoteur à ailes moyennes et train classique escamotable, construit tout en métal. Il pouvait emporter entre dix et treize passagers et deux hommes d'équipage. Il s'agissait d'un monoplan aile basse de construction entièrement métallique (45 exemplaires construits). 

                                                                        

Utilisation

 

Les SO-90 furent peu utilisés, à cause de leurs moteurs Béarn mis au point pendant la guerre. Très fragiles, problématiques d'approvisionnement, ils servirent principalement comme appareils d'essais.

Le SO 93 fut détruit par accident en Argentine faisant deux morts.

Les SO-94 et 95, équipés de moteur Renault 12 S, (version française du moteur Argus AS 411 TA, d’origine allemande) furent utilisés par la Marine, notamment au Maroc, pour la surveillance, la liaison, l'entraînement et même le remorquage de cibles.

La différence la plus visible entre le SO-94 et le SO-95 était le train tricycle pour le 94 et classique pour le 95.

Quelques appareils de ces deux types furent modifiés en version R comme "radar".

Il faut également noter que certains de ces appareils furent prévus et essayés comme appareils civils, mais sans succès, le nombre de passagers étant trop faible pour que l'appareil soit rentable.

Les SO-95V (version civile) étaient des "Corse II".

 

SO-94_WEB.jpg

 Plan trois-vues du SO-94

                                                 

                                              

Caractéristiques des SO 90/94/95

 

(Peuvent être en partie fausses je n'ai pas trouvé de source incontestables sur le sujet. Merci de compléter, si vous pouvez, avec des indications vérifiés)

 

Constructeur : SNCASO

Équipage :

Missions : transport et école

Date du premier vol : 16/08/43 (SO 90)

Constructions :

 

Dimensions

                                                SO 94                                         SO 95

Envergure                        16,20 m                                    17,90 m   

Longueur                         12,35 m                                    12,35 m

Hauteur                              4,12 m                                      4,30 m

 

Surface alaire                    32,60 m²                                     36,60 m

Charge allaire :

Voie du train :                        4,65 m

 

Masse

Masse à vide                     3600 kg                                      4025 kg

Charge utile :

Masse totale en charge    5430 kg à 6200 m                        5605 kg

 

Performances :

Vitesse maxi                     390 km/h                                      350 km/h

Vitesse de croisière :

Vitesse ascensionnelle :

Autonomie                         1800 km                                       1300 km

Plafond :

Distance franchissable :

Altitude de croisière :

Rayon d’action :

Communication radio :

 

 

Moteur

 

Marque :                         Argus>>Renault                      Renault >> Snecma

Nombre                                      2                                                   2

Type :                                      12 S 00                                          12 S -02/01

Configuration :         12 cylindres en V inversé à 60°        12 cylindres en V inversé à 60°

Refroidissement                       Air                                                     Air

Suralimentation :

Puissance normale au sol     580 ch                                              580 ch

Puissance à 2500 m               350 ch                                             350 ch 

Puissance au décollage         600 ch                                              600 ch

Equivalent puissance :

Régime de l’hélice :

Alésage                                    105 mm                                           105 mm

Course                                     115 mm                                            115 mm

Cylindré totale                         12 litres                                          12 litres

Taux de compression              6,4 :1                                                6,4 :1

 

Hélice

Marque : Ratier a pas variable

Type :

Nombre de pales : 3

Diamètre : 2,50  

 

SO_95_56_S-7_WEB.jpg

 Un SO 95 de la flotille 56 S

 

SO_95_n-21_WEB.jpg

 

 Les SO-95 en cours de fabrication.

 

 

img990

 

 Poste de pilotage des SO 94 (Photo constructeur)

 

 img991.jpg

 

 

Poste de pilotage du SO 95 (photo SNCASO)

File8418 WEB

 

  File8421 WEB

 

 Deux dessins de la cabine de pilotage extraits de la notice du SO 95 "Marine".

 File8422 WEB

 

 

 

Croquis du montage de la crosse d'appontage sur le SO-95 (montage non effectif)

Extrait de la notice du SO-95.

 

© Jacques Moulin 2010/2012.

 

NB : Un ouvrage étudie cette famille d'appareils. C'est le numéro 245 du "Trait d'Union" journal de la branche française d'Air Britain de mai-juin 2009, écrit par Philippe Ricco et Jean-Pierre Dubois.

 

http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article 25U.html

 

 

 

 

Article publié dans l'Ancien d'Algérie n° 490 du mois d'octobre 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans diverses revues depuis 1968 et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).
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