Dimanche 15 novembre 2009


Notre ami Alain Crosnier publi un ouvrage interessant:



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Patrick-Charles RENAUD Nous indique :


J'ai le plaisir de vous annoncer la réédition pour le 18 novembre 2009 de mon livre

Aviateurs en guerre

Afrique du Nord - Sahara

1954 – 1962

 

Un ouvrage de 380 pages de récits + 40 pages de photos en noir & blanc

Il s'agit de la réédition de la version initiale parue en 2000, légèrement " corrigée et complétée " grâce aux observations des lecteurs souvent " acteurs et témoins ".

(La couverture et la Page 4 de couverture, en couleur, sont illustrées par de nouveaux clichés)

 

 

 Des exemplaires dédicacés sont disponibles auprès de l'auteur (lors de la commande, ne pas oublier de préciser s'il faut dédicacer le(s) livre(s). Le cas échéant, joindre les éléments)

Prix : 23,00 € + 3,00 € de frais de port et d'emballage pour 1 exemplaire (2 ex. = 5,00 € ; 3 à 4  ex. = 7,00 € - à partir de 5 ex. et au-delà : 10,00 €)

Règlement par chèque bancaire ou postal à l'ordre de Patrick-Charles RENAUD 

Les livres seront expédiés par la Poste durant la 2ème quinzaine de novembre 2009.

Me tenant à votre disposition pour répondre à d'éventuelles questions,

Cordialement,

Patrick-Charles RENAUD

 113, Avenue Foch - 54270 Essey-lès-Nancy

Tél. : 03.83.20.13.38

 

 

Recherche:


Demande d'une lectrice:
Marion MARNAY nous écrit :

Bonjour,

Je suis la petite fille de Jacques BRON  ancien de l'EALA- 12/72. Si vous l'avez un peu connu, où que ce soit, pouvez vous me contacter via mon mail s'il vous plaît ?

Merci

 

marion_marnay@hotmail.fr

Mais une copie au mel de ce blog serait le bienvenue.

                                     Autre demande d'un lecteur:

                                              Pouvez-vous m'aider ?

Je voudrais savoir (pour demander son acte de décès)où a été enregistré le décès de l'adjudant d'Aviation Octave BALESTRO victime d'un accident d'avion le 29-11-1957 au Maroc.



Réponse de Franck ROUMY et Lucien Morareau.

 

 


- Le crash a eu lieu à environ 17 km de Tifrane. L'avion était le Nord 2501 N°26 codé 62-KV.

 

- Ce ne serait pas au Maroc mais en Algérie

 

- Ifrane est quand même à 200 bornes à l'ouest de la frontière algérienne...

 

 

- Tifrane était le lieu donné dans ma première source.Certainement un problème de retranscription.

 

- Ras Tifrane, ou Djebel Tifrane, se situe à environ 30 km dans le SSE d'Affreville

 

- Mais sur le livre sur le Noratlas de Xavier Capy, il est question d'Ifrane qui est bien au Maroc (entre nous, il donne la même distance entre le lieu du crash et la ville).


 

 

Daniel Bechennec nous à offert cette peinture pour décorer notre site, merci à lui.



Un échantillon du travail de Stéphane GARNAUD que vous pouvez trouver sur le site ci-dessous, ce profile sera publié avec le texte de l'article qui sera écrit  sur les HSS.

http://artwork.navy.pagesperso-orange.fr/


Pour nous contacter :  aviation@dbmail.com


Programme des prochains numéros :

  P2V6 "Neptune" (Marine).
 
  Grumman "Goose" (Marine).
 
  Morane Saulnier MS 500/502 "Criquet".

  Les "Piper L 18 & L 21 " (ALAT).

 
Plus tard:

 Morane Saulnier 733 "Alcyon".

 Sikorsky HSS (Marine).
 
 Nord type 1000/1001 / 1002  / "Pingouin", 

 Nord 1100 / 1101 /1102  "Ramier" ou "Noralpha".
 
  P B4Y "Privateer"  (Marine).
 
  Morane Saulnier 472/475 "Vanneau".

  SO 90-94-95 "Corse I & II".
 
  SO 30 P "Bretagne". 

  NC 701/702 "Martinet  I & II "
 
  Dassault "Ouragan/ Barougan."
  
  Breguet 765 "Deux ponts".
 
  Gloster  "Météor".

  Avro "Lancaster." (Marine)
 
  Alouette II.


 
   Pour ce travail, je suis à la recherche de copie de documents divers, photos, carnets de vol etc. N'hésitez pas à me contacter. Merci. 

Toute aide serait  la bienvenue.
 
Vous pouvez nous contacter : Contact:  aviation@dbmail.com

Nous recherchons également pour publication ultérieure toutes infos ou photos sur l'utilisation des avions ou hélicoptères suivants (la parution ne sera certainement pas dans cet ordre, les articles paraîtront au fur et à mesure des compléments et des renseignements reçus) :

  

   Consolidated PBY "Catalina". (Marine)
  TBM 3E/ TBM 3 UT/ TBM 3W "Avenger" . (Marine)
   Dassault  "Mystère IV A".
   Stampe et Vertongen SV 4.
   Vautour. (?)
   Nord 3202 (?)
Et aussi:
   
   F-84 et RF-84
   Caudron Goeland 

 
T-33 (mais je n'ai rien sur cet appareil en AFN).



 Le Grumman "Hellcat" F6F5N. (Marine) ne semble pas avoir participer a la guerre d'Algérie.

                                                     Etc... (Peut-être d'autres si vous participez) ...

Merci de poster vos commentaires, vos informations ou vos photos sur ces divers aéronefs.

Ou vous pouvez nous contacter : Contact:  aviation@dbmail.com


Remerciements  à Patrice Gaubert qui nous a autorisé à illustrer ces petits articles avec ses magnifiques profiles.

Remerciements à Jean Berniau , Jean Binet et à Pierre Fernand Lacroix qui nous ont envoyé, et continus de nous faire parvenir, de nombreuses et magnifiques photos pour illustrer des articles à venir. 


Remerciements également à Liberto Gil , et aux anciens qui nous ont envoyé de nombreuses photos pour illustrer des articles déjà publié ou à venir, certain l'ont fait il y a de très nombreuses années.

Remerciements à Jean Binet et à ses amis des PER  qui nous ont envoyé, et continus de nous faire parvenir, de nombreux textes  et des photos sur leur histoire.


                                                       DROITS D'AUTEUR


Les photographies et les dessins présentées sur ce blog sont protégées par le droit d'auteur et ne doivent en aucun cas être publiées sur un site internet ni diffusées sur un support papier, quel qu'il soit, sans l'autorisation de son auteur. Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, seules sont autorisées les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective" (art L122-5). Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans consentement de l'auteur, est illicite (art L122-4) et constituera une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. Un auteur vit de ses droits d'auteur. En respectant le Code de la Propriété Intellectuelle et en vous refusant systématiquement à utiliser une image ou un texte sans

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Dimanche 15 novembre 2009

Le SNCASE « Aquilon »

 

© Jacques Moulin 2009.




 

 

En 1947, la société De Havilland équipa un Vampire d'un réacteur Ghost en remplacement du Goblin d'origine. L'amélioration des performances fit que le Ministère de l'Air anglais commanda aussitôt deux prototypes de ce qui était alors désigné Vampire FB.8.

En plus du changement de réacteur, l'avion fut alors équipé d'une nouvelle aile plus fine et plus aérodynamique, avec deux réservoirs de carburant à chaque extrémité.

La partie arrière fut également modifiée, avec notamment des ailerons qui dépassaient légèrement de chaque côté des dérives.




Lorsque le premier prototype effectua son premier vol, le 2 septembre 1949, la décision avait été prise de ne plus considérer l'avion comme une simple version du Vampire mais de lui donner un nouveau nom : le Venom.

La puissance supplémentaire du Ghost et les améliorations aérodynamiques permettaient d'augmenter la vitesse horizontale de 150 km/h et de doubler la vitesse ascensionnelle.

Le premier avion de série sortit d'usine en 1951 et le Venom FB.1 entra en service mi-1952 dans la Royal Air Force.

Cette première version souffrait cependant de quelques problèmes, principalement des incendies du réacteur et des faiblesses de la structure qui provoquèrent la perte de plusieurs appareils.

Les pilotes se plaignaient également de l'absence de siège éjectable et de la température infernale qui régnait dans le poste de pilotage lors des déploiements dans s les pays chauds.

Une version FB.4 résolvant tous ces problèmes réalisa son premier vol le 29 décembre 1953 et entra en service en 1955.

En parallèle, De Havilland développa de sa propre initiative une version biplace.

Dès février 1953 vola le prototype de la version NF.3, équipée notamment d'un nouveau radar AN/APS-57 d'origine américaine, d'ailerons améliorés et d'un système d'éjection de la verrière (mais toujours pas de sièges éjectables).

Un réacteur Ghost 104 légèrement plus puissant que le Ghost 103 d'origine est également installé, cette version fut livrée à la Royal Air Force à partir de mi-1955, deux ans après que la Suède ait reçu les exemplaires qu'elle avait commandés.


 

Le Sea Venom

 

En 1951 commencèrent les essais d'une version du Venom NF.2 adaptée è l'emploi depuis un porte-avions : le Sea Venom.

Désignée FAW.20, la première version fut produite à partir de mars 1953 et mise en service dans la Royal Navy l'année suivante.

Elle fut suivie des avril 1954 d'une version FAW.21 reprenant les améliorations du NF.3 et, à partir du 100ème  exemplaire, de sièges éjectables.

 

L'Aquilon

 

La France qui construisait sous licence des Vampire et des Mistral depuis 1949, obtint une autre licence pour produire le Sea Venom à partir de l'été 1951.

Les réacteurs étaient construits par Fiat en Italie et l'avion par la SNCASE, qui avait déjà assemblé les Vampire français. Sous la désignation Aquilon, cinq versions furent produites :

*- Aquilon 20, des Sea Venom FAW.20 assemblés à partir des pièces fournies par De Havilland. (3 prototypes avec des ailes non repliables et 25 appareils de série).

*- Aquilon 201 , 2 prototypes construits par SNCASE.

*- Aquilon 202, première version biplace équipée de sièges éjectables, un radar américain AN/APQ-65 et air conditionné construit en France (25 exemplaires).

*- Aquilon 203, version monoplace avec un radar AN/APQ-94, capable de tirer des missiles air-air, construite en France (40 exemplaires).

*- Aquilon 204, version biplace d'entraînement sans canon, construite en France
(6 exemplaires).           

Le premier Aquilon fait son vol inaugural en octobre 1952, et l'avion est mis en service en 1954 dans la flottille 11F.

 

A partir de fin 1963, il est interdit d'appontage et quitte le service  opérationnel, mais restera encore utilisé un ou deux ans pour l’entrainement a partir de bases terrestres.

 

Engagement en Algérie.

 

La France a engagé ses Aquilon pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) comme chasseurs de nuit en remplacement des Méteor NF 11.

 

Formations  équipées

11F (type 203), 16 F (type 203), 2.S, 10.S, 54 S (type 20), 59.S (type 203 et 204) et section des Aquilon de Cuers.

 

 

© Jacques Moulin 2009.

 

Caractéristiques et Performances

 

Envergure : 13,071 m (ailes repliées : 7,020 m)

Longueur : 11,137 m : (Aquilon 202) ; 11,197 m : (Aquilon 203)

Hauteur : 2,31 m (ailes repliées : 3 m)

Surface alaire : 26 m²

Poids à vide : 4 885 kg

Poids en charge : 6 790 kg

Moteur : 1 De Havilland (Fiat) Ghost 48 de 2 270 kg de poussée.

Armement en Algérie : 4 canons de 20 mm et 8 rockets HVAR

Vitesse max. : 935 km/h à 2 900 m (Mach 0,79)

Vitesse de croisière : 693 km/h à 1 000 m

Temps de montée à 12 000m : 12 mn 50 s

Plafond :1&000 m

Rayon d'action : 450 km

Autonomie max. : 1 460 km.

 

 Article publié dans L'Ancien d'Algérie n° 481 de novembre 2009

 

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Dimanche 15 novembre 2009

Armements des aéronefs !

 

© Jacques Moulin 2009.

 

Nous allons étudiez sommairement les armements utilisé par les appareils en AFN. Ces éléments sont encore très approximatifs et pourrons êtres complété par vos soins.

                              LES ROQUETTES

 

Historique - Généralités

HISTORIQUE.

 

Les lance-roquettes utilisés par les belligérants, durant la guerre 39-45, étaient de types divers.

Les Anglais ont tout d'abord utilisé les rails de lancement, d'une longueur pouvant aller jusqu'à 2,40 m, accrochés sous les ailes. La roquette, maintenue par deux colliers de suspension, pendait au-dessous du rail (2 tenons sur chaque collier assuraient le guidage de l'engin).

Les Américains, montèrent des tubes de 3 m de long (tuyaux de poêle) accrochés, en paquets de 3 sous les ailes de leurs chasseurs-bombardiers (ces tubes devenaient inutilisables au bout d'une dizaine de lancements, produisaient une traînée importante sous les ailes et limitaient le diamètre de l'empennage au calibre de l'obus).

Les Américains s'aperçurent que les Lance-roquettes n'avaient pas besoin de réaliser un guidage de la roquette (car la vitesse initiale du projectile, qui est celle de l'avion est suffisante pour assurer une excellente stabilité et une bonne précision) et réalisèrent des « Lance-roquettes de longueur nulle ». Par suite de l'action stabilisatrice de son empennage et de la position avant du centre de gravité, la roquette, lancée dans une direction qui n'est pas celle du vent relatif, et de la vitesse-avion, se recalera rapidement dans cette direction, après de très faibles oscillations.

GENERALITES.

a) Les Lance-roquettes de longueur nulle, type MK V et MK VII sont des lance-roquettes simples, ne permettant l'emport que d'une seule roquette par support, à l'aide d'un collier Avant, muni d'un téton de suspension, qui guide la roquette sur 2 cm pu départ, et d'un collier AR, réalisant le 2me point de suspension. Ce dernier est calé par un levier oscillant, et bloqué par une goupille de cuivre de 2,6 mm, se cisaillant sous un effort de "300 kg. Le rôle de cette goupille étant essentiellement de lier la roquette au Lance-roquettes pendant les évolutions de l'avion. Elle assure la sécurité de transport.

Ces types de Lance-roquettes ont été adoptés en France et équipent les M.S. 472, Block 175 T, Hellcat, etc...

b) Les Lance-roquettes doubles anglais du type MK VIII permettent l'emport de deux roquettes superposées et équipent le « Vampire ».

c) Le Lance-roquettes double MATRA M. 35, qui équipe le D. 315 permet également l'emport et le largage de 2 roquettes, actives ou inertes.

d) Le Lance-roquettes américain équipant le F. 84 permet le même mode de lar­gage de 2 roquettes mais présente l'avantage de s'escamoter dans les plans au départ des roquettes (suppression complète de la traînée).

e) Enfin, des Lance-roquettes automatiques (M. 32 et M. 50).

 

PRINCIPE :

Emmagasinage dans une soute d'aile ou de fuselage d'un grand nombre de roquette» de dimensions réduites, d'où largage à grande cadence (1 200 coups minute). Les roquettes sont expulsées à l'extérieur et mise à feu séparément à leur sortie de la soute, mais ces procédés posent encore de grosses difficultés de réalisation.

 

 

1)          Roquettes Tercé T 10.

 

Les Roquettes T.10 sont très connues, elles ont été utilisé très abondamment par les avions aussi différents que les F 47, Sipa, Vanneau, Vampire, Flamant etc…

Après la guerre les avions français étaient tous d’origine alliés, certains étaient déjà équipés de lances roquette dit à « Longueur nulle ». Plusieurs types de roquettes étaient disponibles alors pour ses appareils, aussi bien de fabrications américaines qu’anglaises.

Bien sur il fuit décidé de lancer une fabrication françaises de ce type d’armement, mais qui devait évidemment pouvoir être interchangeable avec le matériel alliés.

Dans les années 50 la société SERAM à Breuil-Le-Sec (60) produisit les propulseurs à poudre des roquettes T10, l’ingénieur qui avait mit cet engin au point était TERCE Jean, Joseph, Paul, rattachée à la SERAM.

 

D'une masse de 28kgs cette roquette pouvait être installée unitairement sous voilure par l'intermédiaire d'un lance-roquette Matra type 13 ou 14, ou sous lance-roquettes multiples, type 41 (4 T10) ou type 61 et 63 (6 T10), ainsi que sous les Lance-roquettes MK V ou MK VIII anglais mais construit comme type 14 par Matra.

Il semble que ce soit le lance-roquettes type MK V qui était le Matra type 13.

Les Dassault 315 « Flamant » étaient eux équipés de lance-roquettes Matra M 35 modèle 48permettant de lancer plusieurs roquettes sur chaque point d’emport.

 

 

Il semble que le lance-roquette ci-dessus soit bien le Matra Type 13.

 

Les T.10 était en fait le propulseur, un tube contenant la poudre pyrotechnique de propulsion, son empennage en tôle, son amorce et son allumeur électrique. La charge offensive était constituée par des explosifs divers notamment des obus de 90mm, et de 120 mm ainsi que des charges creuses (antichars).

Ils n’étaient évidemment non guidés, seul la vitesse relative de l’avions leur permettaient d’aller au but fixé par le pilote. La précision était relative, mais vu la force explosive de chaque pointe cela était quand même relativement efficace et plutôt impressionnant pour les troupes au sol.

 

 

 

Il semble que le lance-roquette ci-dessus soit le Matra Type 14.

 

 


Remerciement à Christian Bonnet .
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Jeudi 12 novembre 2009

 

Le Porte-avions « La Fayette ».

 

© Louis Mammi 2008



 

 Le porte-avions Lafayette en 1951. (Photo Emery Toulon).


La Marine Nationale a pris une part importante à la guerre d'Algérie, par mer bien sûr, par air et aussi par voie terrestre.

Aux opérations terrestres participeront les commandos marine, les fusiliers-marins et parfois un tiers de l'équipage des bâtiments qui se trouvaient en AFN.

La surveillance maritime se fera par l'ensemble des navires en mission en Méditerranée, dans le but d'intercepter les trafiquants d'armes.

Les interventions aériennes étaient confiées aux porte-avions et avions de l'aéronavale, basés en France ou en Tunisie.

Un des porte-avions engagé dans ce conflit était le La Fayette. Ses interventions en Algérie seront commandées au coup par coup selon la tournure des événements.

 

Son histoire

 

Prêté par les USA, ce bâtiment a été conçu en 1942 dans un chantier naval du New-Jersey.

Initialement destiné à devenir un croiseur léger, il est remodelé en porte-avions léger au printemps 1943, les besoins de la marine américaine ayant changé.

Lancé le 22 mai 1943, il prend le nom de « Langley » (inventeur des premières catapultes). Sa forme était un peu particulière et cela se ressentira lorsqu’il naviguera, car le poids de la passerelle sur le côté le fera tanguer.

Dès 1944, il participe à la guerre du Pacifique contre le Japon.

Son tableau de chasse est éloquent : 194 batteries détruites, 99 avions détruits au sol, 119 avions abattus en combat aérien, 5 avions abattus par sa DCA, 32 navires coulés dont 8 de guerre.

Le 11 septembre 1951, le « Langley » passe sous pavillon Français et prend le nom illustre de « La Fayette ».

Il intervient en Indochine, où il reçoit la croix de guerre des TOE, à Suez et en AFN. Un porte-avions n'embarquait pas automatiquement la même flottille.

Il pouvait très bien en récupérer une dans le Sud-est de la France ou en Tunisie. Elles portaient un numéro : 9 F-12 F-14 F-15 F-17F pour les Corsair et un numéro suivi d'un S pour l'escadrille de servitude.

S'il n'est pas possible de quantifier avec exactitude le nombre d'interventions des aéronefs embarqués sur ce porte-avions, on peut dire que les Corsair du « La Fayette », comme ceux des autres porte-avions ou basés à terre, effectueront quatre types de mission :

*- Appui-feu,

*- Bombardement,

*- Protection des héliportages,

*- Reconnaissance terrestre.

On estime à 15 000 heures de vol en mission de guerre pour l'ensemble des appareils CorsairsF4U7 et AU 1 de 1958 à 1962 durant le conflit algérien.

Les qualités de ces chasseurs feront merveille compte tenu de la configuration des lieux et du type d'opérations. Cependant les pertes en vie humaine et en aéronefs seront conséquentes.

Trente avions se sont crashés en Afrique du Nord de 1954 à 1962 et 14 pilotes trouveront la mort au cours de ces accidents, dont aucun d'eux n'est imputable à la rébellion.

En plus des missions ci-dessus, ce porte-avions effectuera deux rotations entre Alger et Marseille afin de transporter un régiment de parachutistes et des harkis qui devaient défiler à Paris, le 14 juillet.

En 1962, le La Fayette transportera de juin à juillet des civils qui quittaient l'Algérie à la suite de l'indépendance de ce pays, ainsi que des troupes et du matériel militaire.

Plus de 10 000 personnes vont ainsi être ramenées en France.

 

Opérations navales.

 

Le 15 janvier 1956, il part en mission en Indochine afin d'évacuer les derniers éléments du corps expéditionnaire Français.

Rentré en France, dès le 5 août il est engagé dans le conflit de Suez "opération Mousquetaire" avec la 15ème flottille et la moitié de la 14F.

Ensuite en dehors d'exercices interalliés en Méditerranée, ses activités seront consacrées à l'Algérie.

En premier lieu, il se rendra à Norfolk (USA) afin d'y récupérer des hélicoptères et avions légers nécessaires au maintien de l'ordre en Algérie.

Ces appareils seront amenés à Pauillac (Gironde) afin de recevoir un armement et un équipement radio français.

Ensuite, il participera à des missions spécifiques, consistant essentiellement en la surveillance des 1 500 km des côtes algériennes, tunisiennes et marocaines et en l'appui aérien des troupes françaises engagées dans des opérations militaires.

 

La fin du « La Fayette »

 

Ce porte-avions sera retiré du service actif, compte tenu de sa carrière américaine et française, le 1er janvier 1963.

Que ce soit au cours d'exercices maritimes ou dans des opérations, il a toujours été à la hauteur des espérances de nos dirigeants.

Grâce à ses flottilles et à ses personnels, il a particulièrement réussi.

En Egypte, le Commandant du 2e RPC dira, parlant notamment de ce porte-avions : "sans l'appui de vos Corsair, je n'aurais jamais pu tenir".

Dans des opérations humanitaires, notamment à Agadir (Maroc), il sera particulièrement apprécié.

Le 20 mars 1963, il sera restitué aux Etats-Unis et détruit. Une fin peu glorieuse pour un tel bâtiment qui a été un élément essentiel de la Marine française, en Indochine avec le "Bois Belleau" et "l'Arromanches", à Suez et en Algérie.

Il avait parcouru sous pavillon Français 350 000 miles nautiques, procédé à environ 3 000 catapultages et ses avions avaient effectué 19805appontages.

De nos jours, une frégate furtive porte le glorieux nom de La Fayette.

 

(C) Louis Mammî

 

 

 

Caractéristiques

 

- Longueur : 185 mètres.

- Déplacement : 15 000 tonnes.

- Vitesse : 31 nœuds.

- Armement : 11 affûts de 40 bofors (doubles et quadruples) ; 5 affûts de 20 mm (simples et doubles).

- Détection : 4 radars de veille et 4 radars d'artillerie.

- Equipage : 1 569 officiers, officiers mariniers, quartier-maitres et matelots.

- Aviation embarquée : 20 F4U7 Corsair (Chasse - Assaut) ; 2 TBM-Avenger (Servitude); 2 hélicoptères Pedro (Assistance, secours).

Sa devise était celle du Marquis de La Fayette : "Cur non" (Pourquoi pas ?)

 

 

 

Article publié dans l’Ancien d’Algérie n° 40 d’octobre 2009

 

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Vendredi 11 septembre 2009


Un SE 161 Languedoc du SAMAR -EARS 99 sur la base BA 142 de Boufarik en 58/59. (Photo (c)  Jean Berniau)


Le SE 161 Languedoc

 

(C)  Jacques MOULIN 2009


 

Le SE 161 a été initialement conçu comme Bloch MB.161, (Marcel Bloch est devenu après guerre Marcel Dassault) Contrairement a ce qui est souvent dit II ne s'agissait pas du développement  du Bloch MB.160, ces deux avions n'avaient pas la moindre pièce commune, ils étaient développés par deux groupe d'ingénieurs différents.

Appareil destiné à Air France, le prototype, immatriculé F-ARTV, a effectué son premier vol en décembre 1939.

La conception du Bloch 160 remonte donc à 1936,  (Suite à un marché datant  de 1935) peu avant la nationalisation de la société. Marcel Bloch confia à l'ingénieur Jean Béziaud, l'étude d'un avion quadrimoteur de transport de passagers pour 12 passagers répondant aux besoins d'Air France.

Le Bloch 161-01, devint rapidement le SO-161 en raison des nationalisations et de l'absorption  de l'usine du constructeur par la SNCASO (Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Ouest), eut une carrière mouvementée durant la guerre.

Transféré à Bordeaux en juin 1940, il resta dans un hangar jusqu'à ce que les autorités allemandes autorisent la reprise, des essais en vol, en février 1942.

Il fut testé par la SNCASO et le CEV, ballotté entre Marignane et Cannes. Les essais se poursuivirent sous contrôle allemand avant que le prototype ne soit emmené en Allemagne où il finit sa carrière le 10 mai 1944 aux mains de la Luftwaffe.


Un autre Languedoc du SAR , avec moteur Pratt et Whitney

             Lors de la Libération de la France, le prototype était donc détruit mais les premiers exemplaires commençaient à sortir des chaînes d'installation, qui étaient malheureusement en partie détruites par les bombardements.

Comme pour beaucoup d'autres appareils un peu démodé et pour entretenir la capacité de production des entreprises nationales, le ministre communiste de l'Air, Charles Tillon, prit la décision de relancer la chaîne de montage du quadrimoteur, qui fut alors baptisé SE-161 "Languedoc". En effet l'usine avait été retirée de la SNCASO pour la SNCASE, la raison en était que durant la guerre la fabrication avait été transféré en zone dite libre ou était la SNCASE a Toulouse et a la libération il sembla plus simple de continuer la construction a Toulouse, d'où la modification de la dénomination de SO et SE.161.

Le premier vol du numéro 1 (premier appareil de série) eut lieu le 25 août 1945 à Toulouse, aux mains du pilote d'essais Pierre Nadot.

Ce sont ainsi 100 exemplaires qui sortirent des ateliers SNCASE de Saint-Martin-du-Touch.

De nombreuses améliorations durent être apportées, notamment sur la motorisation de ces avions conçus 10 ans auparavant.





Le SE 161 n°23 F-BATU d'Air France équipé de  moteurs Pratt & Whitney.

           Les premiers Languedoc avaient des moteurs 14 N, que leur principal utilisateur, Air France, remplaça très rapidement par des Pratt & Whitney.

Plus tard d'autres clients civils se portèrent acquéreurs des Languedoc, en général des appareils retirés du service par Air France :  mais également plus tard Aviacion y Comercio en Espagne, Misrair en Egypte, ou encore Air Liban.  
           Air Atlas, Tunis Air filiale d'Air France en furent également dotés. La LOT en Pologne acheta quelques avions neuf.,
          La Marine française acheta également des Languedoc, qui servirent à la 31.S et à la 56.S, éphémèrement à la 54.S, mais également pour des expérimentations à la 10. S.

L'Armée de l'Air acheta les derniers exemplaires de Languedoc, avec des moteurs 14R, plus puissants que les 14N initiaux, mais tout aussi fragiles.

Outre le CEAM qui utilisa le numéro 30, banc d'essais des moteurs 14R, ce fut le groupe de transport GT1/61 "Maine" qui reçut le numéro 67 à moteurs 14N, avant d'être doté de 16 exemplaires de SE-161 avec des 14 R.

Le SGACC qui avait en charge les missions SAR (sauvetage) en Méditerranée, ces avions sont resté civil , mais ont été confiés a des équipages militaires , selon les conventions en vigueur a l'époque  pour pour les transformer en avions de recherche en mer, affectés à l'EARS 99.

Ces avions, de conception ancienne, posèrent divers problèmes et leur carrière ne fut pas réellement brillante : la Marine les réforma dès 1962, alors même que l'EARS en recevait dix exemplaires transformés pour le secours en mer, qu'elle abandonna qu'en novembre 1960.
 La fabrication du type SE.161 s'arrêta en 1953.



Plan trois vue d'époque du "Languedoc".
          
            Air France commença déjà dès 1952 à retirer ce modèle des vols de transport de passagers et ne les utilisa plus qu'en tant qu'avion cargo, avec un poids utile de chargement de 5 500 kg et ce jusqu'en 1954.

Une partie des appareils retirés fut vendue à la compagnie espagnole Aviaco,  et à la compagnie égyptienne Misrair. Ses  "Languedoc" furent exploité sur les lignes régulières jusqu'en 1954 pour Misrair et jusqu'en 1960 pour Aviaco.

Le "Languedoc" était un appareil de construction métallique à ailes surbaissées avec des dérives doubles, un empennage horizontal rapporté, des platines d'extrémité formant les ailerons et une béquille arrière sur roue montée sur un train relevable.

Le fuselage de l'avion était d'une section rectangulaire dans sa partie basse, arrondi vers le haut et n'était pas pressurisé.





           Les quatre moteurs en étoile Gnome-Rhône-14N-44/45 d'une puissance respective de 846 kW (1150 ch.) étaient situés dans des nacelles sur le bord du nez.

Mais l'appareil souffrit d'un certain nombre de défauts, comme des dysfonctionnements du train, la déficience des de dispositifs de dégivrage et des systèmes de chauffage pour les cabines, ainsi qu'une visibilité totalement insuffisante lors des atterrissages par mauvais temps.

Air France retira alors ce modèle dès octobre 1946, afin de remédier à ces insuffisances, avant de les remettre en ligne.

A cette occasion, on procéda également au remplacement des moteurs Gnome-Rhône très coûteux à entretenir par quatre moteurs américains en étoile de marque Pratt&Whitney-R-1830 d'une puissance de 1 200 ch. (882 kW), bien connus et bien plus fiables.

Aussi, le poids au décollage grimpa à 23 500 kg.

Dès mars 1947, les "Languedoc" améliorés volèrent de nouveau sur les lignes d'Air France.



Bloch 161 n° 77 de la flottille 56 S de l'aéronautique Navale.


                                                              Motorisation


            Initialement quatre moteurs en étoile Gnome-Rhône-14N d'une puissance respective de 1150 ch.

Ultérieurement 4 moteurs en étoile à 14 cylindres en double étoiles, refroidis par air, de fabrication Pratt & Whitney, type R-1830/92 (Twin Wasps) d'une puissance respective de 1200 ch. (882 kW) au décollage, avec des hélices à 3 pâles d'un diamètre de 3,5 m.

Quant à la distinction des différentes versions de moteur il est très facile de reconnaître les 14 N des 14 R ; les premiers sont tripales, les seconds quadripales.

Pour leurs part les Pratt étaient également tripale mais dépourvus de casserole d'hélice et disposaient d'une petite entrée d'air additionnelle sur le dessus du capot moteur. .

              Les capotages des différents moteurs sont également différents.


                                                                Utilisation en AFN
 

Ces appareils furent utilisés en AFN, comme avions de transport de troupe ou de matériel , avec la Marine d'avion de protection des côtes, et pour la formation des élèves navigateurs et radaristes, et plus tard par l’Armée de l’Air comme appareils de sauvetage pour les missions SAMAR avec l'escadron EARS 99.

 

 

© Jacques Moulin 2009. Remerciement à Philippe Ricco pour ses corrections qui prépare un ouvrage sur  ces appareils, pour  son aide  et ses corrections. 

 

 

 

 

Un "Languedoc" de la 31 S des Service SLAM (Service Liaison Aerienne de la Marine ) en janvier 1955 sur la BPAN de Lartigue appareil a moteur G&R 14N.

 

 

 

Caractéristiques et performances

 

DIMENSIONS EXTERNES

Envergure :                                                      29,39 m

Longueur :                                                       24,258m

Hauteur :                                                           5,95 m

Masse à vide :                                                 14 150 kg

 

PERFORMANCES:

Vitesse maximale :                                           430 km/h

Plafond pratique :                                            7 200 m

Rayon d'action ou distance franchissable :        3200 km ou 1 000 km avec 33 passagers et 1 000 kg de fret.

 

MOTEURS:

 

Version d'origine :

2 Gnome & Rhône 14 N 44 à gauche + 2 Gnome & Rhône 14 N 45 de 1000 CV à droite .


Types de Moteurs utilisés sur le MB/SE 161

G&R 14 N 38/39 (MB.161) ;

G&R 14 N.44/45 (MB.161, SE.161/1) ;

G&R 14 N.54/55 (SE.161/1) ;

G&R 14 N.68/69 (SE.161/1) ;

G&R14 N.72/73 (SE.161/1) ;

P&W R-1830-92 (SE.161/P7) ;

P&W R-1830-S1C3G (SE.161/P7) ;

G&R 14 R.24 (expérimentation) ;

G&R 14 R.28B (par erreur) ;

G&R 14 R.200a (expérimentation).

G&R 14 R.200 (SE.161 R) ;

G&R 14 R.200c/d (SE161 R) ;

G&R 14 R.200BT (expérimentation) ;

G&R 14 R.208.210 (SE.161 R) ;

SNECMA 24 H (expérimentation).



Une photo du Bloch 160 de la course Istres Damas , a la fin des années 30. Les différences avec le SE 161 sont bien visible .

Article publié dans l'Ancien d'Algerie n° 479 de Août Septembre 2009 

 

 

 

 

 

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Lundi 22 juin 2009

Lockheed L 749-A79 "Constellation"

 

© Jean-Claude Serret 2009


Profile offert par Patrice Gaubert.

 

Bien que n'étant pas un avion d'armes, le L-749 Constellation a été présent pendant toute la durée du conflit d'AFN. Présence très discrète.

Il ne fréquentait à cause de sa taille, que les terrains dotés d'une piste en dur et assez longue.

Ceux d'entre nous qui ont eu la chance de l'observer au sol ou en vol en Algérie sont donc assez rares. Mis à part bien sûr ceux qui l'ont servi.

Il était affecté à l'EARS 99 (Escadrille Aérienne de Recherche Sauvetage) pour assurer les missions de SAR (Search and Rescue : en Français Recherche et sauvetage).

Son port d'attache était la base aérienne de Toulouse Francazal et il était détaché sur la BA Alger Maison-Blanche.


            De construction américaine, tout métal, il était à sa conception, destiné à une carrière militaire. À la suite de nombreuses modifications, il est orienté vers une utilisation civile.

Il est considéré comme le "chef de file" d'une longue lignée d'avions longs courriers dignes de ce nom alliant vitesse et confort dans les années 1945 à 1960. Arrivée du L 749 dans l'Armée Avec l'augmentation du trafic aérien, civil et militaire, a été confiée à l'Armée de l'Air la mission de sauvetage et de recherche, au sol comme en mer, à la suite d'accidents. Plusieurs avions sont utilisés.

En 1957 les Marcel Bloch 161 "Languedoc" arrivent en bout de potentiel et sont de moins en moins fiables pour assurer les missions SAR.

Le moment était venu de leur trouver un remplaçant pour ce travail aérien spécial, assuré conjointement par le Secrétariat Général Aviation Civile Commerciale (SGACC), pour le matériel, et par l'Armée de l'Air, pour le personnel navigant là réalisation et le contrôle des opérations de recherche.

Le SGACC a, entre autres, un œil sur tout le matériel volant civil. Il suit l'évolution du parc avions des compagnies aériennes françaises.

Étant donc confirmé que la compagnie Air France, suite à l'arrivée des premiers réacteurs, voulait se séparer de ses L-749, le SGACC fît une offre de rachat d'un certain nombre de ceux-ci.

Ce sont donc 7 avions qui sont rachetés pour être affectés à l'Armée de l'Air. Les 7 avions garderont leur immatriculation civile.

Des pilotes de transport de l'armée vont en "transfo" chez Air France, qui assurera l'entretien des L 749.

Pour les besoins de la réalisation de cette nouvelle mission, des modifications sont nécessaires. Les plus visibles sont:

À extérieur:

- Création de 4 postes d'observation vers le bas, soit "4 bulles", deux à droite et deux à gauche du fuselage ; une à l'avant près du poste de pilotage ; une à l'arrière après la porte d'accès à la cabine passagers.

- Création d'une trappe de largage pour tout le matériel de survie et de secours

- Effaçage des marques de la compagnie Air France.

A l'intérieur :

À l'exception de l'aménagement 1ère classe qui est conservé, tout le reste est démonté afin de laisser la place à tout le matériel de secours.

Tant sur la terre qu'en mer, les missions étaient très longues. Souvent, deux avions étaient nécessaires pour couvrir la zone dans laquelle avait eu lieu l'accident.

Les équipages effectuaient un ratissage "en carré" de 1500 mètres environ de côté. Le travail du navigateur était alors très précis.

Les 4 observateurs, en liaison radio interne avec le pilote, effectuaient une surveillance accrue du sol ou de la mer.

Il était souvent demandé de revenir sur un point particulier puis de reprendre le ratissage en quadrilatère.

De nombreuses opérations SAR se sont ainsi déroulées au-dessus de l'Algérie et du Sahara :

- avions posés avec plus ou moins de dégâts ;

- convois ou véhicules isolés et égarés dans le désert ;

- crash d'avions mortels ;

- naufrages en Méditerranée;

- recherche des marins tombés à la mer.

Après l'indépendance, elles consistaient principalement en l'escorte d'avions monomoteurs vers la France sur les trajets Bône - côtes de Sardaigne - Ajaccio, Cap Cannarat ou Oran - Alicante.

Toutes les opérations étaient dirigées depuis le sol par un CCS (Centre Coordination Sauvetage) situé sur là BA 146 La Reghaia (SDA913); capitaine Boudet, sergent Tauran, sergent Pasquet.

Les Constellations pouvaient également venir se mettre en alerte à Oran, Bône, Alger, Ouargla, El Goléa, Colomb Béchar...

Les 7 L 749 passés d'Air France à l'EARS 99 : F-BAZJ n° 2514, F-BAZM n° 2545, F-BAZO n° 2547, F-BAZP n° 2550, F-BAZT n° 2629, F-BAZV n° 2526, F-BAZY n° 2528.

Pendant les opérations SART, les avions n'utilisaient pas leur immatriculation civile complète. Après la lettre F, les lettres B et À étaient remplacées par S et S (ex. F-ABZM = F-ASSZM).

Un de ces L 749 avait été remonté et exposé au bord de la RN 74 Beaune/Dijon, dans la pelouse d'un hôtel. Sur décision préfectorale, l'ordre fut donné de le démonter et de le ferrailler.

L'avion était, parait-il, trop peu esthétique !...

 

© Jean-Claude Serret 2009
Publié avec l'autorisation de l'Auteur. 

 

NB : Nous n’avons pas d’illustration sur ces appareils SAR, si vous en avez Merci d’avance de penser à nous…

 
Un super G  à Telergma (?) , cet appareil civil Air France servait au transport de personnel.

 

Caractéristiques

 

4 moteurs Wright "Cyclone" de 2 200 ch chacun

Train tricycle Aile basse Tris dérives

Longueur:                                            29m

Envergure:                                           37,50m

Surface alaire :                                     125,40m2

Vitesse de croisière :                            470 km/h

Plafond pratique :                                7 600 m

Rayon d'action :                                   5000 km

 

 

Publié dans l’Ancien d’Algérie n°478 juin-juillet 200
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Lundi 11 mai 2009

Les Sikorsky S-55 / H-19

 

© Jacques Moulin 2009


Deux S-55 de la Marine (33F) à Mécheria , au second plan on aperçoit un Privater (Photo Origine Poirier) 



           Le Sikorsky H-19, (également connu sous le nom de S-55) est un hélicoptère polyvalent utilisé par l'armée américaine, puis par l'armée française.



Photo communiquée par Lionel Vaillant d'un H-19 de la 33F avec son camouflage remarquez la cocarde sur le dos .

Conception et développement

Le H-19 a réalisé son premier vol le 10 novembre 1949 et il est entré en opération en 1950. Plus de 1 000 hélicoptères de ce type ont été fabriqués par Sikorsky pour les Etats-Unis.

Cinq cent cinquante autres ont été fabriqués sous licence par divers industriels : Westland Aircraft en Grande Bretagne, SNCASE (Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est) en France et Mitsubishi au Japon.

Sur les cent trente-cinq exemplaires construits ou assemblés par la SNCASE, une cinquantaine de H-19D serviront en Algérie. Certains porteront la cocarde à l'hameçon de la 33F de l'Aéronautique navale, créée le 1er juin 1957.

L'hélicoptère a été largement exporté, utilisé par de nombreux autres pays, dont la Grèce, Israël, le Chili, l'Afrique du Sud, le Danemark et la Turquie.

Un H 19 du GH 2 posé sur un terrain a l'intérieur d'un poste. Photo originale tiré d'un négatif 6x9 le photographe est inconnu.


            Historique d'exploitation

Les deux premiers H-19 (n° 824 et 838) arrivent en Algérie le 19 avril 1955. Ils rejoignent Sétif, où se crée le 29 avril, aux ordres du commandant Crespin, le GH2, avec l'aide de Bell 47G, ils vont assurer les missions de transport et d'évacuation au profit des unités terrestres.

L'armée française fut la première au monde à expérimenter au combat, sous le feu de l'ennemi, l'emploi tactique de ces appareils pour le transport de combattants. Plus tard il sera également utilisé comme poste de commandement aérien, ou comme engin d'assaut et de manœuvres.

L'Armée de l'Air française a utilisé le H-19 alias Sikorsky S-55, jusqu'en 1956. Il fut alors remplacé par des appareils plus modernes : les Piasecki H-21 et Sikorsky H-34.

Probablement Mécheria.
            
            Éléphant joyeux !

Premier hélicoptère moyen mis en service dans l'Armée de l'Air, l'Aéronavale et l'ALAT dès 1952, le S-55 fut le "sauveur" des blessés de Diên Bien Phû où sa silhouette trapue lui valut le joli surnom d'"Eléphant Joyeux" !

Vingt-cinq versions différentes furent construites, mais les forces aériennes françaises n'en utilisèrent que trois, principalement pour des problèmes de disponibilité.


A Mecheria un H 19 de la flottille 33-F (Origine Poirier)

           Le Sikorsky S-55, équivalent du H-19 A de l'US Air Force

II fut mis en service en Indochine dès 1954, année où il équipa les 1er et 2ème CHSE (Compagnie d'Hélicoptères Sanitaires d'Evacuation) du Groupement des Formations d'Hélicoptères de l'Armée de Terre en Indochine (GFHATI).

Il permettait, grâce au volume intérieur de sa soute, l'évacuation de six blessés couchés, pour les nombreuses EVASAN.

Équipé d'un moteur Pratt & Whitney R-1340-40,9 cylindres en étoile d'une puissance de 600 ch, le S-55 offrait une charge utile de 600 kg pour un poids total de 3 265 kg et croisait à une vitesse de 150 km/h.


Document Dominique Roosens.


            Le Westland S-55

Dans la même période, en métropole et en Afrique du Nord, volait un WS-55, une version construite sous licence par la firme anglaise Westland.

Rien ne le différenciait extérieurement de son homologue américain. En revanche, construit selon les spécifications anglaises, le poids à vide du WS-55 était supérieur de 100 kg, ce qui diminuait d'autant la charge utile !

Au sein du Groupe d'Hélicoptères n° 1 de Satory et de l'EA-ALAT de Sidi-Bel-Abbés, les WS-55 servirent d'appareils école pour la certification des équipages sur hélicoptères moyens.

Un petit nombre connut une activité un peu plus opérationnelle au sein du GH 2, du GALAT 7, devenu par la suite 1er GALAT, du GALAT 2, du GALDIV 3 et du GALDIV 1.

Le parc de WS-55 de l'ALAT atteignit un total de 42 appareils et son extinction eu lieu fin 1965.




            Le Sikorsky H-19D3

II s'agissait d'une version améliorée du S-55, avec un moteur Wright R-1300-3 de 7 cylindres en étoile délivrant 800 chevaux.

Le H-19 D3 pouvait décoller avec une charge utile supérieure de 150 kg. Cela représentait la possibilité d'embarquer deux hommes de plus.

Ce gain appréciable arrivait à point, au moment même où les pauvres vieux S-55 "s'époumonaient" à enlever deux hommes armés, au lieu des huit commandos prévus dans le manuel d'équipage.

La chaleur ambiante et l'altitude élevée de certaines régions de l'Algérie diminuaient considérablement le rendement des moteurs à piston.

Lors de l'arrivée des Vertol H-21B/C Bananes au GH 2 en 1956, offrant une capacité d'emport accrue, les Sikorsky furent alors relégués aux missions de support logistique, de transport d'autorités et aux EVASAN.

Les détachements de Sikorsky à Télergma, Bône, Geryville, El Milia et Philippeville, assuraient les missions SAR et SATER. Au 24 février 1958, les Sikorsky avaient évacué 2 625 blessés et transporté 40 603 commandos. Un bien beau palmarès.

Dès février 1956, le colonel Bigeard, va définir, avec le commandant Sagot de l'Armée de l'Air, le concept d'héliportage d'assaut.

Deux phrases de Bigeard illustrent sa maîtrise du sujet : "On n'emploiera jamais aussi bien l'hélicoptère que si l'on sait s'en passer..." ; " ... (II convenait) de ne pas gaspiller un moyen coûteux, relativement fragile, et, en conséquence, de ne le confier qu'à une troupe de valeur".

Le binôme hélicoptère-troupes d'élite était né. Dorénavant, la guerre d'Algérie allait changer de visage.

L'effet de surprise et la puissance de feu pallient la vulnérabilité du H-19 au contact des tirs d'armes légères depuis le sol.

Les colonels Crespin (ALAT) et Brunet (Air) s'imposèrent comme les deux pionniers, en France, de l'hélicoptère armé.

Brunet, de son propre chef, avait fait monter un canon de 75 mm sans recul sur un H-19 inutilisable de l'escadrille d'hélicoptères moyens 2/57.

L'essai ne fut pas probant. Monté parallèlement à l'axe de l'appareil, le canon enflamma l'arrière de l'engin au départ du coup.

Un autre H-19 sera doté d'un 57 mm sans recul tirant dans l'axe, ainsi que d'une mitrailleuse de 12,7 mm et de deux 7,62 mm de sabord, mais la puissance relativement faible du H-19 obligea à abandonner ce concept.

Il fut remplacé par les H-34 (S-58) "Mammouth" qui deviendront les premiers hélicoptères armés réellement efficace.

 

© Jacques Moulin 2009

 

Caractéristiques

 

Équipage :                                2 (pilote, copilote)

Capacité :                                 12 hommes ou 8 combattants équipés

Longueur:                                 19,1m

Diamètre du rotor :                    16,16 m

Hauteur :                                  4,07 m

Poids à vide :                            2177 kg

Poids en charge :                      3 266 kg

Poids max au décollage :          3 587 kg

 

Performance

 

Vitesse maximale :                   163 km/h

Rayon d'action :                         652 km

Plafond pratique :                      3 200 m

Taux de montée :                      213 m/min



Une belle rangée  de S 55 sur la base ALAT de Sidi bel Abbés 1961/62 . Photo Michel Robert.




Photo communiquée par Lionel Vaillant





                                                      Nota
Certains renseignements sont extrait d'un livre particulièrement réussit sur les Hélicoptères de la Marine, c'est également son auteur qui m'avait communiqué divers photos publié ci-dessus :

Son livre "Paré Cargo" publié à compte d'auteur par Gérard Poirier, un ami hélas décédé depuis moins d'un an. Si vous trouvez cet ouvrage ne le manquez pas. 




Article publié dans l'Ancien d'Algérie n° 477 de Mai 2009

 

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Dimanche 19 avril 2009


             EN TRAVAUX 

Je commence un travail sur les PER (Pilotes élémentaires de réserve), des appelés qui acceptaient pour piloter, de signer un engagement de plus longues durée.

Si vous connaissez ou si vous avez appartenu a ces PER, merci de nous contacter .

Jacques Moulin


Voila une première réaction du 8/10/2009 

Bonjour
je suis le colonel(H) Claude Brunet.
J'étais pilote à l'EALA 2/72 Batna, chef des OPS en 1957/1958 avec le Lt Forget Cdt d'escadrille, puis 0 l'EALA 3/5 Mecheria en 1961/1962, Cdt en second.
J'ai souvent travaillé avec les PER : compétents, dévoués, courageux pour une solde pas très élevée.
Merci à eux
Bravo pour votre site
---------
Claude Brunet




 

Les T6 a Marrakech.

Brève Histoire des P.E.R de l’Armée de l’Air.

Promotion 56 E bis de Marrakech.

N.B : (X*) Explications en bas de page. * Abréviations : se reporter à la page 6 du document.

Avant – Propos. Ce document n’a pas pour but d’écrire un nouvel épisode de la ‘’ Star’ AC ‘’ ou de ‘’ Perdus de vue ‘’, mais simplement de laisser une trace de notre ‘’aventure’’ , afin que si un jour on évoque, au cours d’une conversation, les mots ‘’ guerre d’Algérie (1*), T6*, ou PER * ‘’, quelqu’un puisse répondre : ‘’ j’y étais …, ou mon père y était …, ou mon grand-père y était. C’est ce qu’on appelle ‘’ Le Devoir de Mémoire ‘’.

La promotion 56 E bis fut, à notre connaissance, la seule promotion constituée uniquement d’élèves- ‘’Pilotes Elémentaires de Réserve’’ formés à Marrakech, pour les besoins de la ‘’guerre d’Algérie’’ en pilotes de T6 (2*). C’était une promotion ‘’ hors norme …’’.

Recrutement. Sur 35 élèves, notre promotion comptait 10 ingénieurs dont 7 I.M.O *(3 SUPAERO*, 1 CENTRALE* de PARIS, 3 MINES *de SAINT-ETIENNE), 2 E.C.A.M*de LYON, 1 E.S.A.P*de TOULOUSE. Les autres possédaient un niveau d’études s’échelonnant de BAC*+2 au C.A.P*(3*): parmi eux, 2 techniciens aéronautiques de l’E.T.A*de Ville d’Avray, 2 techniciens (électronique et mécanique avion), du C.I.V* d’Air France ; 2 contrôleurs de la navigation aérienne de l’E.N.A.C*, 2 instituteurs, 1 agent qualifié chaudronnier de la S.N.C.F*.

Tous volontaires, les P.E.R ont été recrutés sur concours ouvert par l’armée de l’Air pour les non bacheliers, les autres étant admis sur titre. Certains devanceront l’appel, d’autres étaient sursitaires. Tous passeront les tests physiques, et psychotechniques au C.E.M.P.N.* de leur région, et signeront un engagement de 5 ans dans les ‘’réserves actives’’, (40 heures de vol minimum à effectuer, par an), période qui courait à compter de la fin des obligations légales d’activité, lesquelles étaient toujours de 18 mois). (4*).

Nous avions des âges différents (de 19 à 25 ans), des formations différentes ( des grandes écoles au C.A.P ), certains possédaient une expérience aéronautique en Aéro-club ( avion ou planeur ), d’autres ignoraient tout ou presque, de l’aviation.

(1*) Ce que l’Histoire retiendra sous ce nom de ‘’Guerre d’Algérie’’, ne représentait en fait que des « opérations de maintien de l’ordre » puisque nous étions dans un département français d’Afrique du Nord. On parlera ensuite ‘’d’évènements’’, n’arrivant pas à qualifier précisément ce qui se passait là-bas. Ce fut en fait une véritable guerre qui ne disait pas son nom. (2*) Malgré l’institution du ‘’tour opérationnel’’ du personnel des escadres de métropole, l’armée de l’air ne savait comment trouver rapidement des pilotes, pour les 150 T6 qu’elle avait achetés, dans un premier temps, aux U.S.A (3*) Au temps où ces diplômes délivrés par l’Education Nationale, avaient une valeur différente. (4*) Après l’Algérie, ce contrat ne sera pas toujours respecté. La ‘’ dissuasion atomique ‘’ absorbant la plus grosse part du budget de l’Armée de l’Air.

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Page 2.

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Incorporation. La promotion fut incorporée dans l’Armée de l’Air, le 1 er. Novembre 1956, avec le 4 ème. Contingent de la classe 56 (56/2C), les I.M.O sur la B.E*720 de Caen, avec le grade de sous- lieutenant et le reste de la promotion sur la B.A*745 de Clermont-Ferrand Aulnat, où débutera aussitôt l’instruction militaire. L’ensemble de la promotion quittera rapidement la métropole, depuis Aulnat, le 29 novembre 1956, pour rejoindre Marrakech, à bord de 2 avions (1 D.C 4*du G.L.A.M, en 5 h. 35 de vol direct, et 1 Noratlas*, en 8 h.20 de vol, avec escales à Istres, Oran, Casablanca).

Ecole de pilotage. Nous poursuivrons dès notre arrivée sur la B.E 707 de Marrakech, notre instruction militaire, avec l’encadrement des I.M.O, en même temps que nous débuterons l’instruction théorique au sol le 1 er. Décembre 1956. L’instruction en vol commencera le 28 janvier 1957. L’un des 2 E.C.A.M demandera rapidement à regagner l’école des E.O.R* de Caen. Les volontaires, certains ayant déjà suivi les cours de la P.M.S *, effectueront en même temps, sur place, une formation accélérée analogue à celle de Caen, et gagneront leur galon d’aspirant. Le reste de la promotion terminera son instruction militaire avec le grade de caporal ou caporal-chef, au grand étonnement de certains commandants d’escadrille, à leur arrivée en A.F.N. Ils porteront alors rapidement des galons de sergent , en attendant leur nomination à/c du début 1958, car leur situation militaire entrainait des complications quotidiennes dans la gestion de ces personnels, en opérations, et au sol (1*). 1 élève, sergent d’une promotion précédente, sera rattaché à la nôtre, en fin de progression.

Nous terminerons notre formation de pilotes militaire du 1 er. Degré (2*), le 22 juillet 1957 … (6 mois de vol). 4 élèves seront éliminés en cours de progression et 2 brevetés resteront comme instructeurs à l’école. Le reste de la promotion (29 P.E.R) quittera Marrakech fin juillet (3*), pour regagner Aulnat, (sur un Breguet 2 ponts *), afin de suivre une transformation sur T6 armés.

Transformation opérationnelle. Cette phase de notre progression, comportant des exercices de vol en montagne, de vol à basse altitude avec recherches d’objectifs sur la carte au 50 000 ème., des évolutions en formation à 2 ou 3 avions , des exercices de tir avec diverses munitions sur le champ de tir de la B.A.O * 102 de Dijon, s’effectuera de début août à mi- septembre 1957. A l’issue de ce séjour de 1 mois ½, la majorité bénéficiera d’une permission de 8 jours, puis regagnera les affectations en Algérie.

 (1 *) Commandant de bord d’un avion en opérations, hébergements et repas, tours de garde … ? A quel niveau de la hiérarchie militaire fallait-il rattacher ces ‘’pilotes’’ qui n’étaient ni officiers, ni sous-officiers ? Problèmes !!! (2 *) Notre brevet de pilote militaire du 1ème. degré fut homologué le 25/7/1957 et le 2ème.degré début 1958, alors que nous volions parfois en solo, en opérations, depuis octobre 1957, Quelques P.E.R parmi nous, furent contrôlés en vol opérationnel par des pilotes extérieurs à leur escadrille ( voir ‘’Aviateurs en guerre’’ de P.C. Renaud pages 111 à 114 ). La plupart ne le furent pas ?, mais restèrent sous le contrôle du commandant d’escadrille. (3*) L’école étant restée exceptionnellement ouverte en juillet pour pouvoir terminer notre formation de base. Les E.A.L.A se mettaient rapidement en place en Algérie et le besoin urgent de pilotes se faisait sentir

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Page 3.

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Les autres seront maintenus en alerte jusqu’au 9 octobre, en attendant la formation d’une nouvelle escadrille, avec nos T6, pour rejoindre la base d’Atar, en Mauritanie. (1*) A la levée de l’alerte, les derniers P.E.R de la 56 E bis rejoindront alors l’Algérie, à leur tour, à l’issue d’une permission.

7 mois ½ de formation en vol (qui dit mieux ?), avant ‘’ le Grand Cirque’’ de l’Algérie.

 

Activités opérationnelles. 5 d’entre nous seront affectés en E.L.O*, sur « ‘’ Criquet’’* puis sur ‘’Broussard’’*, et les 24 autres répartis dans les E.A.L.A* qui s’installaient rapidement aux 4 coins de l’Algérie, au rythme de la livraison des T6 ‘’ transformés’’ en Métropole. Nous perdrons alors tous contacts entre nous, sauf affectation dans la même escadrille, et ce, pendant 50 ans et … plus (2* ).

Quelques-uns mourront à 20 ans, comme l’atteste l’inscription sur différents mémoriaux des morts en Algérie, ou sur leur tombe. Dès la première quinzaine en opérations, nous déplorerons 1 blessé grave au cours de sa première mission (3*), et 1 mort (4*), puis 2 autres, le mois suivant (5*). 7 d’entre nous au total, trouveront la mort en opérations, et 2 autres des suites de leur séjour en Algérie. Presque 1/3 de la promotion.

La durée du séjour en Algérie fut de 16 mois pour la majorité de la promotion. 13 mois pour l’un d’entre nous (charges familiales), 28 mois pour un autre (engagement d’ 1 an supplémentaire ), 40 mois pour 2 autres ( engagement de 2 ans supplémentaires), et même … 50 mois pour 1 cas (engagement de 6 mois supplémentaires, puis rappel dans le cadre du ‘’maintien de l’ordre ‘’ : périodes effectuées dans une E.R.A.L.A opérationnelle en AFN ). 1 s’engagera pour 5 ans de plus.

L’un de ces P.E.R effectuera en 40 mois d’opérations, 1345 heures de vol en 832 missions de ‘’ guerre n°2 ‘’ ( 6* ). Capitaine de réserve, il est Officier de la Légion d’Honneur, Officier dans l’Ordre National du Mérite, titulaire de la Croix de la Valeur Militaire avec 5 citations (2 palmes, 2 étoiles de vermeil, 1 étoile de bronze),et titulaire de la Médaille de l’Aéronautique. Un autre, toujours en 40 mois, sur T6 puis sur Broussard, effectuera 1339 heures de vol en 686 missions. Commandant de réserve, il est Officier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Médaille Militaire, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, titulaire de la Croix de la Valeur Militaire avec 6 citations ( 1 palme, 2 étoiles de vermeil, 2 étoiles d’argent, 1 étoile de bronze). Quelques-uns recevront la Légion d’Honneur et/ou la Médaille Militaire et tous, la Croix de la Valeur Militaire, avec de nombreuses citations. (Voir récapitulation page 4).

(1*). Des ‘’évènements graves’’ avaient éclaté au Sahara espagnol. Voir ‘’Aviateurs en guerre’’ de P.C Renaud, page 212. Pour cette éventualité, nous avions touché des tenues sahariennes et nous avions été vaccinés contre la fièvre jaune à l’hôpital militaire de Lyon. Des visas avaient même été demandés, pour le survol de l’Espagne avec nos appareils armés. (2*) Nous étions 5, lors de nos premières retrouvailles en 2006, 50 ans après. 9 en 2007, 11 en 2008, 13 en 2009. 2 nouveaux ont été retrouvés cette année, soit 15 P.E.R de la 56 E bis, au total. 3 n’ont pas souhaité donner suite à notre démarche. (3*). Le 2 octobre 1957. Le commandant de l’escadrille, qui pilotait le T6, trouvera la mort dans ‘’le crash’’. ( Voir ‘’Aviateurs en guerre’’ de P.C Renaud, pages 168, 169 et 170). (4*). Le 13 octobre 1957. Abattu le 10 octobre, il décèdera le 13. (Voir Aviateurs en guerre’’ de P.C. Renaud, page 171). (5*). Le 11 novembre 1957. (Voir ’’Aviateurs en guerre’’ de P.C. Renaud, pages 171 et 172), et le 22 novembre 1957. (6*). Curieuses missions de guerre ?

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Page 4.

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Total des heures de vol et missions effectuées, en Algérie, par 15 camarades  : 7 736 heures de vol, en 3 842 missions de guerre N°2.

NB. 1 seule heure de vol, en 1 seule mission, pour l’un d’entre nous. 61 heures de vol, en 22 missions, pour un autre.

NB : Les heures de vol et le nombre de missions ont été relevées sur les carnets de vol des intéressés. Les renseignements ne pouvant l’être, signalés ( environ), ont été estimés, d’après des données similaires.

Total des décorations attribuées à 15 camarades : 3 Légion d’Honneur ( 2 Officiers, 1 chevalier),. 7 + 7 ( ?) Médaille Militaire . 5 Ordre National du Mérite ( 1 Commandeur, 1 Officiers, 3 Chevaliers). 15 + 6 ( ?) Valeur militaire , 39 Citations ( 10 palmes, 10 vermeil, 6 argent , 13 bronze). 3 Ordre du Mérite Militaire ( 3 chevaliers ).

NB : Certaines décorations, attribuées, mais n’ayant pu être vérifiées, sont signalées par un ( ?). D’autres sont invérifiables.

Ce qui prouve que nous n’étions pas des pilotes aussi ‘’ Elémentaires ‘’que cela. (1*)

L’ après ‘’ Aventure Algérienne ‘’ légale. A l’issue des 27 mois de service militaire, ceux qui avaient des diplômes ont suivi la voie à laquelle leurs études les avaient préparés pas toujours cependant !). D’autres ont repris une formation tant civile que militaire, animés par le désir de réussir que leur avait insufflé cette ‘’Aventure ‘’.

Ainsi de cette promotion sortiront 1 colonel d’active, 1 lieutenant- colonel de réserve en situation d’activité, et également 1 lieutenant- colonel , 1 commandant, une dizaine de capitaines, quelques lieutenants et des sous- officiers, de réserve.

L’un reprendra ses études, deviendra médecin spécialiste, tout en pratiquant intensément le parachutisme (plus de 1 500 sauts). D’autres feront carrière dans différentes compagnies aériennes, dans des sociétés nationales et internationales ou dans l’éducation nationale. Certains passeront leur brevet d’instructeur avion ou planeur et continueront à voler après les périodes de « ‘’Réserve Active’’, pour assouvir leur passion. Nous avons même dans nos rangs un Champion de France de voltige aérienne, sélectionné pour les Championnats du Monde, qui est encore aujourd’hui, instructeur de voltige, à 76 ans. Tous sont fiers, encore maintenant, d’avoir appartenu à la Promotion 56 E bis.

Vous avez dit ‘’ hors norme …‘’ ? Ce document ne donne qu’une courte idée de la diversité d’origine, de la variété des parcours militaires et civil, pendant et après, ‘’l’ aventure algérienne’’, et du destin de ces P.E.R. Mais nous avions une motivation commune : Voler . Nous étions vraiment une promotion ‘’ hors norme …‘’. (1*) P.E.R : Pilote Elémentaire de Réserve ou pour éviter le qualificatif un peu péjoratif, Pilote ‘’Exceptionnel’’ de Réserve, mais plus modestement, Pilote ‘’Emérite’’ de Réserve.

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Page 5

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De nos jours … plus de 50 ans après.

Curieusement, les témoignages ‘’ vécus ‘’ par les camarades racontent tous, des histoires semblables, mais différentes. En effet, suivant le lieu d’affectation en Algérie (GATAC)(1*), l’implantation de l’escadrille ( base importante ou détachement sommairement aménagé ), le type d’escadrille ( E.L.O, E.A.L.A, E.R.A.L.A …), le parrainage ( escadre de chasse, de nuit, de reconnaissance, de liaison …), et surtout le commandement , ces récits laissent des souvenirs précis, mais plus ou moins nuancés (parfois en appartenant à la même unité). Certains camarades volaient seuls en opérations à leur 3ème vol , d’autres, seulement après une ‘’accoutumance’’ plus ou moins longue, en fonction de la zone d’évolution de l’escadrille ?

Cependant la plupart de ces P.E.R ont été très marqués par cette ‘’Aventure’’, et le restent encore aujourd’hui. Je n’en veux pour preuve que les sentiments qui se manifestent à chacune de nos retrouvailles annuelles ou de nos contacts fréquents, alors que nous ne nous sommes connus que pendant une période d’un an, à cette époque.

Notre histoire individuelle mériterait l’écriture d’un livre, avec la lecture d’épisodes qu’on aurait peine à croire, de nos jours.

NB : Les informations contenues dans ce document ont été recoupées par plusieurs témoignages ou lectures. Cependant, si vous possédez des renseignements que nous ignorons, nous vous serons reconnaissants de bien vouloir nous les communiquer, afin que la vérité des faits exposés soit incontestable mais surtout incontestée, … même 50 ans après.

Document rédigé en collaboration, par ‘’ Mangouste 40 ‘’, Pierre GUYOT

et ‘’ Romarin 40 ’’, Pierre BINET.

 

1*). G.A.TAC  : Groupement Aérien Tactique. Il y avait 3 G.A.TAC en Algérie (n° 1 Constantine, n° 2 Oran, et n° 3 Alger)

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Page 6.

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Abréviations.

 

T6 : ‘’ Texan’’. Monomoteur construit par North Américan. P.E.R : Pilote Elémentaire de Réserve. I.M.O : Instruction Militaire Obligatoire. SUPAERO  : Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace. CENTRALE  : Ecole Centrale des Arts et Manufactures. MINES : Ecole Nationale Supérieure des Mines. E.C.A.M : Ecole Catholique des Arts et Métiers. E.S.A.P : Ecole Supérieure d’Agriculture de Purpan. BAC. : Baccalauréat de l’Enseignement secondaire ou Technique ( en 2 parties). CAP : Certificat d’Aptitude Professionnel. E.N.A.C : Ecole Nationale de l’Aviation Civile. E.T.A : Ecole Technique Aéronautique. C.I.V : Centre d’Instruction de Villegénis. S.N.C.F : Société Nationale des Chemins de fer Français. C.E.M.P.N : Centre d’Expertise Médicale du Personnel Navigant. B.E : Base Ecole. B.A : Base Aérienne. D .C 4 : C. 54. Quadrimoteur construit par Douglass. G.L.A.M : Groupe de Liaison Aérienne Ministérielle. NORATLAS  : N. 2501. Bimoteur construit par Nord Aviation. E.O.R : Elève Officier de Réserve. P.M.S : Préparation Militaire Supérieure. BREGUET 2 ponts : B 761. Quadrimoteur construit par Bréguet Aviation. B.A.O : Base Aérienne Opérationnelle. E.L.O : Escadrille de Liaison et d’Observation. CRIQUET : M.S 500. Monomoteur construit par Morane Saulnier ( ex Fieseler Storch). BROUSSARD : Max Holste. M.H 1521, Monomoteur construit par Reims Aviation. E.A.L.A : Escadrille d’Aviation Légère d’Appui. E.R.A.L.A : Escadrille de Réserve d’Aviation Légère d’Appui. CRASH : Atterrissage d’Urgence.

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Page 7.

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Informations.

Le T6 : (T pour Training : école). Le prototype date de 1935. C’était un appareil monomoteur à hélice. Monoplan à aile basse et train rentrant classique avec roulette de queue. Il était équipé d’un moteur Pratt et Whitney Wasp de 9 cylindres en étoile, robuste, fiable et nécessitant un entretien réduit, qui développait 600 cv au niveau de la mer. Le moteur entrainait une hélice bipale Hamilton Standard, à pas variable, qui en faisait un avion assez bruyant.

Le T6 G, utilisé en Algérie, après transformation en avion armé, par la SFERMA à Bordeaux, était un avion peu adapté aux missions en zone montagneuse, du fait de son manque de puissance moteur, de son alourdissement par l’ajout d’un blindage protégeant le pilote et l’installation de divers équipements (radios et armements), ce qui rendait sa maniabilité délicate dans les évolutions serrées (décrochage et déclenchement à droite).

Sa vitesse moyenne ( 200 km/h.) et son autonomie assez importante ( plus de 4 heures en régime économique), en faisaient un avion polyvalent qui rendit cependant de grands services en opérations : protection de convoi, accompagnement de troupes au sol, reconnaissance à vue, appui-feu, avec de nombreuses munitions placées sous les ailes et pouvant être utilisées en combinaison suivant la mission : 2 containers de 2 mitrailleuses AA 52 alimentées avec 1 500 cartouches de 7,5 ainsi que plusieurs points d’ancrages permettant le tir de roquettes : 6 T 10 ou 2 paniers de 7 roquettes SNEB, ou 2 paniers de 36 roquettes de 37, 2 bombes de 50 kg., 4 paquets de bombes à fragmentation, 2 bidons spéciaux …). Il pouvait aussi emmener un observateur en place arrière, qui disposait d’une double commande.

Produit à près de 20 000 exemplaires par les U.S.A (types A, C, D, et G), le Canada (type H ‘’Harvard’’) et la Suède, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. En 1985, il était encore en service dans plus de 20 pays. Il fut acheté à 700 exemplaires environ, par la France qui l’utilisera d’abord sur sa base école de Marrakech (types D, G, et H), mais surtout en Algérie (type G), puis en Afrique ensuite.

Novembre 2009


 

Les futurs PER de la 56 Ebis a l'instruction à Aulnat.




Départ d'Aulnat  devant le DC 4
Promotion des PER de la 56E bis devant un T 6 a Marrakech.





Metz des "éléves a a Marrakech



Arrosage avec le commandant d'escadrille et les sous officiers d'encadrement.



Arrosage avec le commandant en second et sous officiers d'encadrement.

T6 jaune N° 136. Entrainement solo en vol de formation à Marrakech.



Départ de Marrakech pour Aulnat devant un Breguet 2 ponts.

Par la suite Pierre Binet a rejoint l'ERALA 14/72 a Thiersville.


 
Le T6 , du sergent PINEAU, de l'ERALA  14/72, accidenté sur le terrain de Frenda en panne de régulateur d'hélice, le dépannage se fit  sur place sous la protection d'un détachement de troupes.



 
     

 




 


 

Photo de l'aérodrome de Thiersville avec Google Earth. 1. bâtiments administratifs de la base. 2. bâtiments de la 14/72. 3. tour de contrôle avec camions de pompiers. 4. parking. 5. bar de l'escadrille . 6. piscine. 7. quartier et mess des officiers. 8. quartier et mess des sous-officiers et hommes de troupe. NB. le hangar en dur était situé derrière la tour de' contrôle,( en bas de la photo). Remarques : le quartier des officiers a l'air de s'être agrandi du côté gauche de la route et celui des sous-officiers ne se voit plus
 

Deux T 6 de l'EALA 14/72 avec leurs armement.

Pierre Binet © 2009.


                                                                                                            

               
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Lundi 6 avril 2009

CESSNA L-19 / 0-1 "Bird-Dog"

 

© Jacques Moulin 2009 .

 

Le Cessna L-19 "Bird Dog" est certainement l'appareil construit pour l'armée américaine dont la silhouette ressemble le plus aux avions que nous voyons couramment dans les aéro-clubs.


Le L 19 "BOA" en vol en Algérie (Photo Chauduc).

 
                L'origine du L-19

 

Vers la fin des années 40, l'US Army avait besoin d'un nouveau type d'avion léger d'observation et de liaison pour remplacer les "Piper Cub" utilisés durant la Seconde Guerre mondiale, qui devenaient obsolètes par leur trop grande simplicité.

L'armée américaine émit un cahier des charges pour obtenir un avion deux places - observateur et pilote - construit entièrement en métal, et le soumit aux constructeurs d'avions légers aux USA.

Le modèle 305A de Cessna a été choisi par l'armée américaine. Ses caractéristiques dépassaient non seulement le cahier des charges mais également les caractéristiques de ses concurrents.

Un premier contrat pour 418 appareils fut octroyé à Cessna le 29 mai 1950. Motorisé par un

moteur continental de HP 0-470-11de213CV, le 305A était un avion aile haute, monoplan léger basé sur le modèle 170. (Toujours fabriqué actuellement en version 172).

L'armée américaine lui donna la désignation L-19A et les livraisons à l'armée américaine ont commencé en décembre 1950.



 Un Cessna L 19 code "BMA"  serial 24557 à Oued Hamimin en 1960.

           Le nom plus commun de l'avion, "Bird Dog", a été choisi par le Général Mark Clark après un concours organisé avec les ouvriers de Cessna.

Le 25 juin 1950, la guerre de Corée fut déclarée et le "Bird Dog" commença sa carrière opérationnelle.

Durant le conflit coréen, le "Bird Dog" reçu le surnom de "jeep ailée", en raison de la multitude de charges qui lui ont été assignées.

Il fut utilisé non seulement pour les rôles d'observateur au service de l'artillerie, mais également pour des missions diverses telles que l'évacuation des blessés, la communication, etc

À la fin 1954,2 486 "Bird Dog" furent livrés et 60 ont été livrés aux Corps des Marines, désignés comme OE-1. Une version d'entraînement aux vols aux instruments fut développée en 1953, sous la référence L-19A-IT. Cette version pouvait occulter la vision extérieure du pilote et l'instructeur placé à l'arrière possédait des doubles commandes.



Le Cessna L 19 CTT
 

Les L-19 dans l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT).

 

Déjà, bien avant la Seconde Guerre mondiale, les artilleurs faisaient régler leurs tirs par des observateurs transportés à bord de ballons ou d'avions.

Des essais avaient même été réalisés à la fin des années 30, avec des autogires. Et souvent lors de la bataille de la libération de l'Europe, ou plus tard en Indochine les avions d'observation de ce type étaient pilotés par des personnels de l'Armée de l'Air. Petit à petit, la nécessité de disposer d'avions sans avoir à faire des demandes par la voie interarmées a conduit le commandement de l'Armée de Terre à former ses propres pilotes, puis à étendre le recrutement des observateurs à toutes les armes, de l'infanterie à la cavalerie.

En plus de ses missions d'aide à l'artillerie, pendant la Guerre d'Algérie, l'observation aérienne s'est vite révélée comme indispensable pour renseigner les troupes au sol sur la position de l'ennemi, sa force et ses intentions.


           
           Face au développement de l'insurrection et compte tenu de l'immensité du territoire à couvrir, des pelotons d'avions ont été créés et implantés dans tous les secteurs.

Doté d'un moteur Continental de 230 ch, 6 cylindres à plat, le L-19 était l'un des plus puissants avions d'observation de l'ALAT durant la guerre d'Algérie. Son autonomie était de 8 heures, sa vitesse de croisière de 170 km/h et sa vitesse maximum de 220 km/h.




Pour marquer les objectifs à traiter par l'aviation d'assaut, les Piper étaient équipés de fusées fumigènes montées sous les ailes.

             Le commandement ayant prévu une guerre courte et dure en Algérie, avait acheté le maximum d'avions et le minimum de pièces détachées.

Le potentiel du moteur du Cessna, tel qu'il était fixé par le constructeur, était de 500 heures, après quoi il était démonté, expédié en France pour une révision générale et remplacé.

La guerre se révélant dure et longue et après moult réflexions et consultations, le potentiel a été porté à 600 heures (+ 20%), puis 900 heures (+ 80%), et enfin 1000 heures (+100%), sans problème particulier.

Petit à petit, les Cessna sont devenus des composantes indispensables de la lutte antiguérilla. Ces avions qui pouvaient rester longtemps en l'air surveillaient toutes les zones.

Leurs observateurs examinèrent tous les djebels, les routes, les lieux d'embuscades possibles et plus largement, partout où le combat risquait de se déclencher.


         
Un L 19 "AQI" en Algérie.

          


Un L 19 sans code en Algérie. (Photo André)


              Évoluant souvent à faible altitude à la recherche du moindre indice, ils étaient à la merci des mitrailleuses ou fusils ennemis aux aguets.

Pour marquer les objectifs à traiter par l'aviation d'assaut, les Piper étaient équipés de fusées fumigènes montées sous les ailes. Pour les placer au plus près de la cible, ils n'hésitaient pas à piquer, larguant leur fumigène près des positions des rebelles.

Leur courage et leur audace ont parfois forcé l'admiration des autres pilotes et notamment ceux de l'Armée de l'Air.

Plusieurs équipages ont été blessés ou ont payé de leur vie leur engagement dans cette guerre où l'ALAT a définitivement conquis ses lettres de noblesse.

Les Français ne furent pas les derniers à utiliser les L-19. En effet, la guerre du Viêt-nam vit le "Bird Dog" utilisé dans un nouveau type de mission, celle de FAC (Forward Air Control) ou "Contrôleur Aérien Avancé".

L'US Air Force acquit beaucoup de 0-1A (pendant la guerre du Viêt-nam) qui furent modifiés pour le rôle de FAC par l'addition de points d'attaches en-dessous des ailes, d'une radio de VHF et (dans le cas du TO-1D) et de la suppression des commandes arrière.

Les "Bird Dog" modifiés de l'US Air Force ont reçu de nouvelles désignations, le TO-1D devenant 0-1F et I'0-1A devenant l'0-1 G.

 

© Jacques Moulin 2009



 


               
             Deux L-19 de l'ALAT en vol au dessus de l'Algérie. (Photo Chauduc)
 

Caractéristique des L-19 (O-1E):

 

Moteur:                                   Continental O-470-11 « flat-six » moteur à pistons 6 cylindres de 213 ch.

Poids Max décollage              1089 kg.

Envergure:                             10,97 m.

Longueur:                               7,85 m.

Hauteur:                                 2,22 m.

 

Performance:

 

Vitesse maximale:                 209 km/h

Autonomie:                             853 km.

Plafond pratique                     6200 m.

 

Nombre total d’appareil (des diverses versions militaires) construits au USA : 3.431.




Un L 19 en vol en Algérie les reflets sur la photo sont ceux des cordons des appareils radios de l'avion du photographe  sur les vitres du cockpit. (Photo Chauduc)


Article publié dans le numéro 476 de l'Ancien d'Algérie  d'avril 2009.
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Vendredi 27 mars 2009

Le Max Holse MH 1521 « BROUSSARD ».

 

© Jacques MOULIN 2009.

 

 

Un Broussard en vol (Photo DR je ne connais pas le nom du photographe))

              C’est a Reims dans « l’usine des Avions Max Holste » qu’est lancé en juin 1950 la fabrication d’un prototype le MH 152, avion léger polyvalent  destiné a remplacer les appareils utilisés a l’époque et qui était tous de fabrication ou de conception étrangère, les MS 500, Nord 1101, Cessna ou Piper.

Le MH 152 était équipé d’un moteur Salmson Argus de 240 ch, il ferra son premier vol le 12 juin 1951, l’appareil répond au cahier des charges mais il n'est pas le seul, et ce sera le NC 856 qui sera fabriqué.

Le prototype du MH 152 sera modifié en MH 153 en remplaçant le moteur par une turbine Astazou, et qui aura pour cela les dérives agrandi, mais cette version ne sera pas suivie.


         Le prototype du MH 153 à Challes les Eaux (Savoie), cet appareil fit sont premier vol le 23/4/1959.


      En 1952, une version redessinée et désignée MH 1521 est lancée, cet appareil ferra son premier vol le 17/11/1952, c'était  le prototype n° 2 du MH 152 qui avait été transformé, ce projet est désigné « Avion de Brousse » avec un moteur Pratt & Whitney R-985 de 450 ch, un moteur américain très solide et très utilisé à l’époque.

Plusieurs version sont étudiées pour la reconnaissance photo, et même armée de mitrailleuses en sabord.

Les "Broussard" arrivèrent en Algérie a partit de 1958, en remplacement des Morane Saulnier MS 500 dans la mission transport et observation.

Dans l’Armée de l’Air, les premier Broussard seront utilisé à partir de 1955 à Telergma à la Section de Recherche et d’Expérimentation 9/540 crée officiellement le 18 juillet 1955. La première escadrille à utiliser le Broussard était le ELO 3/45 ou Pierre Clostermann sera mobilisé pour six mois dans cette unités, il était d'ailleurs a l'époque un des dirigeants de la société Max Holste.



Un Broussard a Telergma (Algérie).

           D’autre unités seront équipé de Broussard : ELO 2/45, 4/45, 545, GSRA 76 et GSRA 78, GALO 53, CIEAL 320, CSEM 330, CEMO 325, GLA 45, GAM 7…

Les Broussard seront aussi utilisés en Afrique Noire, et en métropole comme avions de liaison dans des unités diverses et variées.

Dans l’ALAT, les Broussard furent aussi utilisé en Algérie par l’ALAT  dans les unités suivantes : GAOA 3, GALAT 3, 14, 101, 102, 105, GA 2, école d’application de l’ALAT, CRALAT 675, 674, 676.

La Marine utilisera aussi quelques Broussard notamment à l’escadrille 10S, 3S et aussi a la DCAN.


Brousard au couleurs de la DCAN. (Hyères)

          Après leur retrait de l’Armée française de nombreux appareils seront vendu a des collectionneurs qui les maintienne maintenant en état de vol où vous pouvez les voir lors de meeting divers.

 

© Jacques MOULIN 2009.

 

 

 

Caractéristiques :

 

Envergure :                                                                 13, 75 m

Longueur :                                                                  8, 75 m

Hauteur en ligne de vol :                                               3,67 m

Masse à vide :                                     de 1680 à 1800 kg suivant modèle

Moteur                                                           Pratt & Whitney R-985 de 450 ch

 

 

 

 

Ce tout petit  article a été réalisé grâce à l’ouvrage d’un ami :Thierry Gibaud sur l’histoire du Broussard, dont il possédait deux exemplaires.

« Broussard MH 1521 » par Thierry Gibaud édition ETAI 2003.

 

*************************

Témoignage.

 

Voici un témoignage d’un pilote, cette histoire a été publiée dans l’Ancien d’Algérie n° 462 de Décembre 2007.

 

Affecté du 20 octobre 1960 au 1er avril 1962, à l'ELO (Escadrille de Liaison et d'Observation) 3/45, basée à l'Oued Hamiminn, j'ai volé sur le «Broussard MH 1521», un appareil fabriqué par Nord-Aviation, alors dirigé par un certain Max Holste, alors beau-père de Pierre Clostermann, le célèbre aviateur des FAFL, qui avait repris du service en Algérie durant quelques mois à la même époque.

Certains navigants étaient recrutés parmi les militaires appelés du contingent, qui acceptaient de servir 36 mois au lieu de 28. Le «Broussard» était un avion monomoteur doté de doubles commandes, et comptait deux membres d'équipage, un pilote et un observateur.

Surnommés «caisses à savon» en raison de leur aérodynamisme discutable, ces appareils étaient pourtant très sûrs. En plus des deux membres d'équipage, il pouvait emporter quatre passagers et leur équipement, ou deux blessés allongés sur leur brancard ou sur «cadre», un blessé assis, et une convoyeuse-infirmière de l'Air.


              Un autre Broussard en Algérie, avec des housses de protection , même sur les roues...

            Mon unité couvrait tout le Constantinois et les Aurès,

ainsi que la frontière tunisienne, en passant par Souk-Ah ras, Khenchela, Tébessa, Negrine, El Oued Guemar, puis au retour, Biskra, Setif, la Vallée de la Soumamm, Bougie, Djidjelli, la presqu'île de Collo et Philippeville.

Entre autres missions, nous devions aller chercher des techniciens-trois ou quatre -sur des aérodromes ouverts à l'aviation civile, Bône, Tébessa, Batna, Philippeville et Télergma, pour les transporter sur des secteurs opérationnels dans le bled. Très maniable, le «Broussard» pouvait se poser sur des pistes en terre ou en tôle de 500 mètres de long.

Mais le décollage était plutôt problématique et nécessitait une manœuvre particulière qui consistait à bloquer les freins en faisant tourner le moteur à fond au début de la piste, volets sortis au maximum, et puis à lâcher, tout en espérant prendre assez de vitesse pour parvenir à sauter les barbelés en bout de piste, en tirant le manche à la dernière minute.

Certaines pistes m'ont laissé un souvenir particulier, telles Arris, au cœur des Aurès, Bou Hammam ou le poste Jean Rigal.



Un Broussard quelque part en France.

            Mais nos principales missions, c'étaient l'évacuation des blessés, les «EVASAN». Nous devions aller au plus près des zones opérationnelles.

A titre indicatif, j'ai personnellement à mon actif plus de cent «EVASAN» en seize mois de présence, ce qui donne une idée du nombre des blessés victimes de cette guerre, d'autant que je ne détiens pas le record, loin s'en faut.

Dans mon ELO, aucun équipage n'a jamais reculé devant les difficultés, confronté à des situations météorologiques souvent

très difficiles. Nous mettions un point d'honneur à évacuer dans les meilleures conditions ces malheureux.

Bien souvent, nous en avions deux à bord, grièvement blessés, «sur cadre», une civière métallique sur laquelle ils étaient totalement immobilisés à l'aide de sangles, et placés sous perfusion en raison de leur état.


Un MH 1521 de liaison affecté a la 4ème escadre.(Photo Jacques MOULIN)

            Il fallait faire l'impossible pour leur donner le plus de chances possibles de survie jusqu'à leur prise en charge par l'hôpital militaire d'Alger.

Parmi les plus gravement atteints se trouvaient les blessés crâniens, pour lesquels il fallait éviter toute manœuvre brusque, en évitant de prendre de l'altitude.

Ce qui implique que, quelles que soient les conditions météorologiques, il fallait voler «au ras des pâquerettes», et lorsque le plafond était bas (nuages, tempête de sable), il fallait survoler en «radada» les routes, les rivières, rester au fond des vallées et enfin, survoler la mer pour rejoindre Alger.

Le survol des routes était parfois si bas que nous affolions les automobilistes, apeurés par notre passage.



Un MH 1521 de liaison affecté a la 8ème escadre.(Photo Jacques MOULIN)

           Mais l'important était de sauver des vies, et je peux témoigner de ce qu'aucun d'entre nous n'a jamais envisagé de faire demi-tour en pensant que c'était trop bas, que «ça ne passerait pas».

Lorsque cela devenait impossible, alors nous changions de cap et nous cherchions ailleurs jusqu'à ce que ça passe.

Mais à l'escale d'Alger, qu'elle était bonne la«bibine» !

Et comme nous nous sentions fiers de nous !

Certains d'entre nous ne sont pas revenus de là-bas, souvent par imprudence. Le survol des ruines de Timgad, du côté de Khenchela, a été à l'origine de la mort d'au moins deux équipages de mon ELO avec leurs huit passagers.

Et puis aussi les accidents, comme le jour où un jeune pilote, accompagné de son capitaine leader, s'est retrouvé sur le toit avec le «Broussard» pour avoir bloqué les roues en freinant à fond avant de toucher le sol.

Au contact de la piste, l'avion a fait une superbe galipette avant et a fini sa course sur le dos, sans aucun dommage pour les deux hommes.

J'ai aussi participé à quelques missions d'appui-feu sur «T.6 » et «T.28» avec un camarade nommé Jean-Claude Houbron.

Mais ceci est une autre histoire.

 

© Roger Poletti 2007




Un autre Broussard en AFN sur un terrain inconnu, peut-être Tizi-Ouzou.




Par Avions de la Guerre d'Algérie - Publié dans : Avion - Communauté : Aviation
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  • : Avions de la Guerre d'Algérie
  • avions-de-la-guerre-d-algerie
  • : Homme
  • : 09/12/1936
  • : Rhône Alpes Bron
  • : aviation
  • : Déjà ancien dans l'histoire de l'Aviation, j'ai écrit de nombreux article dans divers revues et publié trois livres, un sur les autogires, un sur le Loire 45/46 et un sur le Bloch 174 ces deux derniers livres sont épuisés).

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